Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 8ème chambre jugeant seule, 6 mai 2026, n° 513079

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:513079.20260506

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés a-t-il commis une erreur de droit en rejetant la demande de travaux urgents sur une voie communale au motif que la commune avait proposé une participation financière du riverain, alors que ces travaux incombent à la commune ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de la dénaturation des pièces du dossier et de l'erreur de droit, n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nîmes d'enjoindre à la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan de réaliser en urgence des travaux de réfection de la voie communale au droit du chemin d'accès à sa propriété.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
  • M. A... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État.
  • Il soutenait que le juge des référés avait dénaturé les pièces du dossier en jugeant que l'excavation n'affectait pas la totalité de l'accès et qu'il existait un dégagement permettant l'accès.
  • Il soutenait également que le juge avait commis une erreur de droit en se fondant sur la proposition de la commune de réaliser les travaux moyennant une participation financière de sa part.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nîmes, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre à la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan (Gard) de réaliser en urgence et à titre provisoire des travaux de réfection de la voie communale au droit du chemin d’accès à sa propriété, sous astreinte de 200 euros par jour de retard. Par une ordonnance n° 2600505 du 6 février 2026, prise sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés de ce tribunal a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 février et 10 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan la somme de 7 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code général des collectivités territoriales ; - le code de la voirie routière ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Cyril Noël, maître des requêtes, - les conclusions de M. Romain Victor, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Buk Lament, Robillot, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. A... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Nîmes a : - dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant, pour en déduire l’absence d’urgence, que l’excavation n’affectait pas la totalité de l’accès de sa propriété à la voie publique et qu’il existait un vaste dégagement constituant un débouché commun sur la voie communale dont la partie gauche lui permettait d’accéder depuis cette voie au chemin privé qui mène à son habitation ; - dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant, pour en déduire qu’il ne justifiait pas de l’existence d’une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de propriété, qu’il ne démontrait pas se trouver empêché d’accéder à son habitation avec un véhicule ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en se fondant, pour rejeter sa demande, sur ce que la commune avait proposé la réalisation de travaux moyennant une participation financière de sa part, alors que de tels travaux incombent exclusivement à la commune. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à la commune de Saint-Jean-de-Maruéjols-et-Avéjan. Délibéré à l'issue de la séance du 9 avril 2026 où siégeaient : Mme Emilie Bokdam-Tognetti, présidente de chambre, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et M. Cyril Noël, maître des requêtes-rapporteur. Rendu le 6 mai 2026. La présidente : Signé : Mme Emilie Bokdam-Tognetti Le rapporteur : Signé : M. Cyril Noël Le secrétaire : Signé : M. Aurélien Engasser

Questions fréquentes

Que faire si la commune n'entretient pas une voie communale qui dessert ma propriété ?
Vous pouvez saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative (référé-liberté) pour obtenir des mesures urgentes si l'atteinte à votre droit de propriété est grave et manifestement illégale.
Puis-je demander en urgence au juge des référés d'obliger la commune à réparer une route ?
Oui, si vous démontrez une situation d'urgence et une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, comme le droit de propriété. Le juge peut enjoindre à la commune de réaliser les travaux nécessaires.
La commune peut-elle me demander de participer financièrement à des travaux sur une voie communale ?
En principe, l'entretien des voies communales incombe à la commune. Toutefois, dans certains cas, une participation financière des riverains peut être prévue, mais cela dépend des circonstances et de la réglementation applicable.
Comment contester une ordonnance de rejet de référé-liberté ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois. Le pourvoi doit être admis, c'est-à-dire qu'il doit soulever un moyen sérieux.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un filtre : le Conseil d'État n'admet que les pourvois qui sont recevables et fondés sur un moyen sérieux. Si le pourvoi est irrecevable ou ne présente pas de moyen sérieux, il est rejeté par une décision juridictionnelle.
Quels moyens faut-il invoquer pour que mon pourvoi en cassation soit admis ?
Il faut invoquer des moyens de droit, comme une erreur de droit, une dénaturation des pièces du dossier, ou un défaut de base légale. Les moyens doivent être sérieux et de nature à remettre en cause la décision attaquée.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.