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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 31 juillet 2026, n° 513422

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:513422.20260731

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance rejetant une demande d'annulation d'un retrait de points du permis de conduire pour tardiveté est-il fondé sur un moyen sérieux lorsque le requérant invoque l'insuffisance de l'information sur les voies et délais de recours ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, le moyen tiré de l'insuffisance de l'information sur les voies et délais de recours n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé au tribunal administratif de Nantes l'annulation de la décision du 26 septembre 2024 retirant six points de son permis de conduire.
  • Par ordonnance du 26 janvier 2026, la présidente de la 5ème chambre du tribunal administratif a rejeté sa demande comme tardive.
  • M. A... s'est pourvu en cassation contre cette ordonnance.
  • Il soutient que la décision de retrait de points ne mentionnait pas précisément les voies et délais de recours, et que l'administration ne l'avait pas informé des conditions de naissance d'une décision implicite de rejet de son recours administratif.
  • Il invoque également qu'un délai de recours raisonnable d'un an lui était ouvert, et que les circonstances justifiaient un délai supérieur.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Nantes d’annuler la décision référencée « 48 M » du 26 septembre 2024 par laquelle le ministre de l’intérieur et des outre-mer a retiré six points du capital de points affecté à son permis de conduire. Par une ordonnance n° 25119772 du 26 janvier 2026, la présidente de la 5ème chambre du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi, un mémoire de régularisation et un mémoire complémentaire enregistrés les 5 mars, 26 mars et 12 mai 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la route ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Christophe Barthélemy, conseiller d’Etat en service extraordinaire ; - les conclusions de Mme Marie Sirinelli, rapporteure publique. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Boulloche, Colin Stoclet et associés, avocat de M. A.... Vu la note en délibéré, enregistrée le 18 juin 2026, présentée par M. A.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée d’erreur de droit en ce qu’elle rejette sa demande comme tardive, alors que la décision litigieuse ne mentionne pas les voies et délais de recours de manière suffisamment précise, que l’administration ne l’a pas clairement informé sur les conditions de naissance d'une décision implicite de rejet de son recours administratif, ni ne l’a informé sur les voies et délais de recours contre la décision implicite de rejet qui lui a été opposée et, subsidiairement, qu’un délai de recours raisonnable d’un an lui était ouvert et que les circonstances de l’espèce justifiaient même que ce délai soit supérieur à un an. 3. Ce moyen n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l’issue de la séance du 18 juin 2026 : où siégeaient : M. Jérôme Marchand-Arvier, assesseur, présidant ; Mme Laurence Helmlinger, conseillère d’Etat et M. Christophe Barthélemy, conseiller d’Etat en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 31 juillet 2026 Le président : Signé : M. Jérôme Marchand-Arvier Le rapporteur : Signé : M. Christophe Barthélemy Le secrétaire : Signé : M. Mickaël Lemasson La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Quel est le délai pour contester une décision de retrait de points ?
En général, le délai de recours contentieux est de deux mois à compter de la notification de la décision. Toutefois, si la décision ne mentionne pas les voies et délais de recours, le délai peut être prolongé.
Que faire si je n'ai pas été informé des voies et délais de recours ?
Si la décision ne comporte pas la mention des voies et délais de recours, le délai de recours ne court pas à votre encontre. Vous pouvez alors former un recours dans un délai raisonnable, généralement un an.
Qu'est-ce qu'une décision implicite de rejet ?
Lorsque l'administration ne répond pas à un recours administratif dans un délai de deux mois, cela vaut décision implicite de rejet. Vous devez alors former un recours contentieux dans les deux mois suivant cette décision implicite.
Comment se déroule la procédure d'admission d'un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à une procédure d'admission. Le pourvoi est admis s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Sinon, il est rejeté par une décision juridictionnelle.
Puis-je contester une décision de retrait de points après un an ?
En principe, le délai de recours est de deux mois. Toutefois, si la décision ne mentionne pas les voies et délais de recours, vous disposez d'un délai raisonnable d'un an. Au-delà, le recours est tardif.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux dans un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit qui paraît fondé et de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée. Il doit être suffisamment étayé et pertinent.

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