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Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 26 juin 2026, n° 513425

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:513425.20260626

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant l'appel d'un jugement de tribunal administratif est-il admis lorsque les moyens invoqués ne sont pas de nature à permettre l'admission ?

Principe retenu

Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative, le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. et Mme B... ont demandé au tribunal administratif de Melun l'annulation de l'article 4 d'un arrêté de péril imminent du 17 septembre 2020 et de dix-huit avis de sommes à payer.
  • Le tribunal administratif a jugé qu'il n'y avait plus lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre l'article 4 et a rejeté comme irrecevables les conclusions contre les avis de sommes à payer.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel formé par M. et Mme B... contre ce jugement.
  • M. et Mme B... se pourvoient en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel.
  • Ils soutiennent que l'arrêt est entaché de méconnaissance des termes du litige, de dénaturation des pièces, d'erreur de droit et d'inexacte qualification juridique des faits.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. C... B... et Mme A... D... épouse B... ont demandé au tribunal administratif de Melun d’annuler, d’une part, l’article 4 de l’arrêté de péril imminent du 17 septembre 2020 du président de la communauté d’agglomération de Marne-et-Gondoire, d’autre part, dix-huit avis de sommes à payer émis à leur encontre par cette collectivité. Par un jugement n° 2010435 du 7 mai 2024, le tribunal administratif a, d’une part, jugé qu’il n’y avait plus lieu à statuer sur leurs conclusions dirigées contre l’article 4 de l’arrêté du 17 septembre 2020, d’autre part, rejeté comme irrecevables leurs conclusions à fin d’annulation des avis des sommes à payer. Par un arrêt n° 24PA03133 du 19 décembre 2025, la cour administrative d'appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. et Mme B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 mars et 13 mai 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. et Mme B... demandent au Conseil d'Etat d’annuler cet arrêt. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire, - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Delamarre et Jéhannin, avocat de M. et Mme B.... Vu la note en délibéré, enregistrée le 8 juin 2026, présentée par M. et Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation du jugement qu’ils attaquent, M. et Mme B... soutiennent qu’il est entaché : - d’une méconnaissance des termes du litige par le juge et d’une dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’il retient que l’ensemble des parties en appel s’accordent pour considérer que les avis de sommes à payer ont été pris sur le fondement de l’article 2 de l’arrêté du 17 septembre 2020 ; - d’erreur de droit, d’inexacte qualification juridique des faits et de dénaturation des pièces du dossier, en ce qu’il retient que l’article 4 de l’arrêté du 17 septembre 2020 et les avis de sommes à payer en litige, pris en application d’une autre disposition, ne présentent pas entre eux un lien de nature à permettre qu’ils fassent l’objet d’une même requête en annulation. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme B... n'est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C... B..., premier requérant dénommé. Copie en sera adressée au président de la communauté d’agglomération Marne-et-Gondoire. Délibéré à l'issue de la séance du 4 juin 2026 où siégeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; Mme Laurence Helmlinger, conseillère d'Etat et M. Erwan Le Bras, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur. Rendu le 26 juin 2026. Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon Le rapporteur : Signé : M. Erwan Le Bras Le secrétaire : Signé : M. Bernard Longieras La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat ?
C'est un recours devant la plus haute juridiction administrative française, qui vise à faire annuler une décision rendue en dernier ressort par une cour administrative d'appel, pour des motifs de droit ou de procédure.
Quels sont les critères pour qu'un pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux, c'est-à-dire un moyen de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît, à première analyse, de nature à justifier l'annulation de la décision attaquée. Il doit être suffisamment étayé et pertinent.
Peut-on contester un arrêté de péril imminent et les avis de sommes à payer dans la même requête ?
En principe, des conclusions peuvent être présentées dans une même requête si elles se rapportent à des décisions ayant un lien suffisant. En l'espèce, le tribunal a jugé que l'article 4 de l'arrêté et les avis de sommes à payer ne présentaient pas un lien de nature à permettre qu'ils fassent l'objet d'une même requête.
Que se passe-t-il si le Conseil d'Etat refuse d'admettre un pourvoi ?
La décision de non-admission est définitive. Elle met fin à la procédure sans examen au fond. Les parties ne peuvent plus former de recours contre cette décision.

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