Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, Juge des référés, 31 mars 2026, n° 513558

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:513558.20260331

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés du Conseil d'État peut-il, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ordonner des mesures générales modifiant le régime juridique du droit d'asile à la demande d'un demandeur d'asile ?

Principe retenu

Le juge des référés ne peut prononcer que des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale, dans le cadre de l'exercice d'un pouvoir administratif. Il ne peut pas modifier le régime juridique encadrant le droit d'asile, car cela ne relève pas de son office. Une demande qui ne se rattache à aucune mesure précise que le juge pourrait prononcer est irrecevable.

Faits clés

  • M. A... a déposé une requête devant le juge des référés du Conseil d'État le 10 mars 2026.
  • Il demande des mesures pour sauvegarder ses libertés fondamentales, notamment la liberté de circulation, de travailler, et le droit de propriété.
  • Il invoque une atteinte grave et manifestement illégale due au manque d'empathie des institutions et à la carence de l'administration.
  • Il demande également une astreinte de 1 500 000 euros par jour et une somme de 4 425 000 euros au titre des frais de justice.
  • Le juge constate que la demande ne se rattache à aucune mesure précise qu'il pourrait prononcer.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 821-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative articles 14, 18, 26 et 3 de la Convention de Genève de 1951

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 10 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... A... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : 1°) de statuer au fond en application de l’article L. 821-2 du code de justice administrative et d’ordonner toute mesure nécessaire à la sauvegarde immédiate de ses libertés fondamentales, sous astreinte de 1 500 000 euros par jour de retard à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 4 425 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - la condition d’urgence est satisfaite eu égard, d’une part, au caractère continu et systématique des atteintes portées à ses libertés fondamentales ainsi qu’à leur gravité exceptionnelle et, d’autre part, à la carence persistante de l’administration à faire respecter les libertés fondamentales des demandeurs d’asile ; - il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de circulation, à la liberté de travailler dans le domaine de son choix, aux articles 14, 18, 26 et 3 de la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés et au droit de propriété eu égard, en premier lieu, au manque d’empathie des institutions vis-à-vis de sa situation, en deuxième lieu, au caractère condescendant de la notion même de « demandeur d’asile » et, en dernier lieu, à la carence de l’administration à faire respecter les droits des demandeurs d’asile. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. 2. M. A... doit être regardé comme demandant au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’ordonner toute mesure nécessaire à la sauvegarde immédiate de ses libertés fondamentales dans le cadre du traitement de sa demande d’asile. Toutefois, il n’apporte aucun élément ou précision permettant de rattacher sa demande à une mesure que le juge des référés serait susceptible de prononcer en vertu des dispositions du code de justice administrative. Au demeurant, à supposer que M. A... entende demander au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article précité, de modifier le régime juridique encadrant le droit d’asile, de telles conclusions ne relèvent pas manifestement pas de son office et sont, par suite, irrecevables. 3. Il résulte de tout ce qui précède que la demande de M. A... ne peut être accueilli. Par suite, la requête de M. A... doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du même code. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. A... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A.... Fait à Paris, le 31 mars 2026 Signé : Christophe Chantepy

Questions fréquentes

Puis-je demander au juge des référés de modifier les règles sur l'asile ?
Non, le juge des référés ne peut pas modifier le régime juridique du droit d'asile. Il ne peut ordonner que des mesures individuelles nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.
Que faire si l'administration ne respecte pas mes droits en tant que demandeur d'asile ?
Vous pouvez saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, mais vous devez démontrer une urgence et une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, et demander une mesure précise.
Le juge des référés peut-il m'accorder une indemnisation ?
Non, le juge des référés ne peut pas accorder de dommages-intérêts. Il peut seulement ordonner des mesures de sauvegarde. Pour une indemnisation, il faut saisir le juge du fond.
Quelles sont les conditions pour saisir le juge des référés ?
Il faut justifier d'une urgence, d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, et demander une mesure utile et nécessaire. La requête doit être recevable et relever de la compétence du juge.
Que signifie une requête irrecevable ?
Une requête irrecevable est une requête qui ne remplit pas les conditions de forme ou de fond pour être examinée. Par exemple, si elle ne se rattache à aucune mesure que le juge peut prononcer, elle est irrecevable.
Puis-je demander une astreinte contre l'État ?
Oui, vous pouvez demander une astreinte pour contraindre l'administration à exécuter une décision, mais seulement si le juge a ordonné une mesure. Dans cette affaire, la demande a été rejetée car irrecevable.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.