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Conseil d'État, 3ème chambre jugeant seule, 10 juin 2026, n° 513760

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:513760.20260610

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension rejetant la demande de suspension d'un licenciement d'une assistante familiale est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • Mme B... a été licenciée par décision du 21 janvier 2026 du président du conseil départemental de l'Orne.
  • Elle a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Caen de suspendre cette décision et d'enjoindre sa réintégration.
  • Par ordonnance du 2 mars 2026, la juge des référés a rejeté sa demande.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Elle soutenait que la juge des référés avait commis une erreur de droit en écartant les moyens tirés de l'absence de convocation régulière de la CCPD et de l'erreur d'appréciation sur ses méthodes éducatives.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Caen, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 21 janvier 2026 par laquelle le président du conseil départemental de l’Orne a procédé à son licenciement et d’enjoindre au département de l’Orne de procéder à sa réintégration dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. Par une ordonnance n° 2600528 du 2 mars 2026, la juge des référés du tribunal administratif de Caen a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 mars et 1er avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge du département de l’Orne la somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’action sociale et des familles ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Christine Allais, conseillère d'Etat en service extraordinaire, - les conclusions de M. Thomas Pez-Lavergne, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Buk Lament, Robillot, avocat de Mme B... ; Vu la note en délibéré, enregistrée le 21 mai 2026, présentée par Mme B... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, Mme B... soutient que la juge des référés du tribunal administratif de Caen : - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le moyen tiré de l’absence de convocation régulière des membres de la commission consultative paritaire départementale (CCPD) n’était pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le moyen tiré de l’erreur d’appréciation commise par le président du conseil départemental du Calvados en estimant que ses méthodes éducatives et son comportement dans ses relations avec les membres de la communauté éducative, parents et services départementaux de protection de l’enfance, entraînaient un risque pour la sécurité, la santé et l’épanouissement des mineurs accueillis justifiant le retrait de son agrément n’était pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au département de l’Orne. Délibéré à l'issue de la séance du 21 mai 2026 où siégeaient : M. Stéphane Verclytte, président de chambre, présidant ; M. Philippe Ranquet, conseiller d'Etat et Mme Christine Allais, conseillère d'Etat en service extraordinaire-rapporteure. Rendu le 10 juin 2026. Le président : Signé : M. Stéphane Verclytte La rapporteure : Signé : Mme Christine Allais La secrétaire : Signé : Mme Nathalie Martinez-Casanova La République mande et ordonne à la ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir la suspension d'une décision administrative en référé ?
Il faut démontrer l'urgence et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Comment former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée, et il doit passer par une procédure d'admission.
Qu'est-ce qu'une commission consultative paritaire départementale (CCPD) ?
C'est une instance consultative qui donne un avis sur les décisions individuelles relatives aux agents publics, notamment en matière de licenciement.
Une assistante familiale peut-elle être licenciée pour ses méthodes éducatives ?
Oui, si ses méthodes présentent un risque pour la sécurité, la santé ou l'épanouissement des mineurs accueillis, le président du conseil départemental peut retirer l'agrément et procéder au licenciement.
Quel est le rôle du juge des référés dans un litige de licenciement ?
Le juge des référés peut suspendre l'exécution d'une décision de licenciement s'il y a urgence et un doute sérieux sur sa légalité.

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