Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 5ème chambre jugeant seule, 30 juillet 2026, n° 514138

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:514138.20260730

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel rejetant une demande d'annulation d'une décision de concours de la force publique pour expulsion est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé au tribunal administratif de Montreuil l'annulation de la décision du 24 août 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a accordé le concours de la force publique pour son expulsion.
  • Il a également demandé la condamnation de l'État à lui verser 5 000 euros en réparation de ses préjudices.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 19 juillet 2024.
  • La cour administrative d'appel de Paris a rejeté son appel par arrêt du 30 janvier 2026.
  • M. B... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'État, soutenant plusieurs moyens (erreur de droit, dénaturation, inexacte qualification juridique des faits).

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d’annuler la décision du 24 août 2022 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a accordé le concours de la force publique afin de procéder à son expulsion du logement qu’il occupait et de condamner l’Etat à lui verser la somme de 5 000 euros en réparation de ses préjudices. Par un jugement no2213533 du 19 juillet 2024, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 24PA03602 du 30 janvier 2026, la cour administrative d’appel de Paris a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 mars et le 11 mai 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code des procédures civiles d’exécution ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de M. Léo Paillard, auditeur ; - les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public. La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Poupet & Kacenelenbogen, avocat de M.B.... Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt qu’il attaque, M. B... soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit en ce qu’il refuse d’apprécier la légalité de la décision attaquée à la date à laquelle il statue ; - de dénaturation en ce qu’il retient que son expulsion n’était pas attentatoire à sa dignité ; - d’erreur de droit en ce qu’il juge que la décision de refus prise par la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis sur le caractère prioritaire de sa demande de logement social est sans incidence sur le litige ; - d’inexacte qualification juridique des faits en ce qu’il retient que la décision attaquée ne méconnait pas son droit à la vie privée garanti par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il rejette ses conclusions à fins d’engagement de la responsabilité de l’Etat en raison de l’illégalité de la décision attaquée. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l’issue de la séance du 2 juillet 2026 : où siègeaient : M. Jean-Philippe Mochon, président de chambre, présidant ; M. Jean-Dominique Langlais, conseiller d’Etat et M. Léo Paillard, auditeur-rapporteur. Rendu le 30 juillet 2026 Le président : Signé : M. Jean-Philippe Mochon Le rapporteur : Signé : M. Léo Paillard La secrétaire : Signé : Mme Andréa Torno La République mande et ordonne au ministre de l’Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Que signifie le concours de la force publique ?
C'est l'assistance des forces de l'ordre pour exécuter une décision d'expulsion, accordée par le préfet.
Puis-je contester une décision de concours de la force publique ?
Oui, vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif, puis en appel et en cassation.
Quels sont les moyens de cassation recevables ?
Les moyens doivent être sérieux, comme une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou une inexacte qualification juridique.
Le refus de la commission de médiation a-t-il un impact sur l'expulsion ?
En général, non, sauf si la décision d'expulsion est liée à une obligation de relogement.
Puis-je obtenir réparation si l'expulsion est illégale ?
Oui, si vous démontrez une faute de l'administration et un préjudice direct et certain.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.