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Conseil d'État, Juge des référés, 20 avril 2026, n° 514186

Rejet défaut de doute sérieux Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:514186.20260420

Synthèse de la décision

Question juridique

L'arrêté fixant les tarifs maximaux de remboursement des frais d'impression et d'affichage des documents électoraux doit-il inclure les frais de conditionnement et de transport de ces documents ?

Principe retenu

L'arrêté contesté, pris en application de l'article R. 39 du code électoral, se borne à fixer les tarifs maximaux de remboursement des frais d'impression et d'affichage des documents électoraux, sans préciser le détail des prestations couvertes. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'il exclurait les frais de conditionnement et de transport ne crée pas de doute sérieux sur sa légalité.

Faits clés

  • Un arrêté du 20 février 2026 a fixé les tarifs maxima de remboursement des frais d'impression et d'affichage des documents électoraux pour les élections municipales de mars 2026.
  • Le requérant, M. B..., a demandé la suspension de cet arrêté en tant qu'il exclut les frais de transport et de conditionnement des documents prévus à l'article R. 39 du code électoral.
  • Le requérant soutenait que l'arrêté était entaché d'incompétence, d'insuffisance de motivation, et méconnaissait l'article R. 39, le principe de sécurité juridique, de confiance légitime et d'égalité entre candidats.
  • Le ministre de l'intérieur a soulevé une fin de non-recevoir tirée de ce que la requête était dépourvue d'objet, et a contesté l'urgence et le bien-fondé des moyens.
  • Le juge des référés a constaté que l'arrêté ne comportait pas de disposition précisant le détail des prestations, et que les frais de conditionnement et de transport étaient déjà inclus dans les tarifs selon les textes.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article R. 39 du code électoral article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 30 mars et 14 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : 1°) de suspendre l’exécution de l'arrêté du 20 février 2026 fixant les tarifs maxima de remboursement des frais d'impression et d'affichage des documents électoraux pour les élections des conseillers municipaux, des conseillers communautaires, des conseillers métropolitains de Lyon, des conseillers de Paris et des conseillers d'arrondissement de Paris, Lyon et Marseille des 15 et 22 mars 2026 et pour les élections partielles ayant lieu jusqu'au prochain renouvellement général, en tant que cet arrêté exclut les frais de transport et de conditionnement des documents prévus à l'article R. 39 du code électoral des tarifs maximaux de remboursement ; 2°) d'enjoindre au ministre de l’intérieur, au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, à la ministre des outre-mer et au ministre de l’action et des comptes publics de prendre un arrêté rectificatif précisant que les frais de conditionnement et de transport des documents électoraux sont inclus dans les tarifs maximaux de remboursement des frais d'impression et d'affichage de ces documents, sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient : - que la condition d’urgence est satisfaite en ce qu’en premier lieu, l’arrêté contesté prive les candidats d’une part substantielle de leurs moyens de campagne en les contraignant à faire figurer au compte de campagne les frais de transport des documents mentionnés à l’article R. 39 du code électoral, qu’en deuxième lieu, il pourrait conduire à ce que certains candidats dépassent le plafond des dépenses électorales et encourent une peine d’inéligibilité et qu’en dernier lieu, les candidats doivent déposer leur compte de campagne auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques au plus tard le 22 mai 2026 ; - qu’il existe un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté, lequel est entaché d’incompétence, deux des quatre ministres signataires n’étant pas désignés par l’article R. 39 du code électoral en application duquel il est pris, est insuffisamment motivé, méconnait l’article R. 39 du code électoral en ce que les tarifs maximaux qu’il fixe ne couvrent pas le coût du conditionnement et du transport des documents électoraux, et méconnaît également le principe de sécurité juridique, le principe de confiance légitime et le principe d’égalité entre les candidats, selon qu’ils doivent faire face à des coûts de livraison plus ou moins importants des documents électoraux. Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2026, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête. Il soutient qu’elle est dépourvue d’objet et par suite irrecevable, dès lors que l’arrêté contesté n’entraîne aucun changement de l’état du droit, que la condition d’urgence n’est pas satisfaite et que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés. La requête a été communiquée au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, à la ministre des outre-mer et au ministre de l’action et des comptes publics, qui n’ont pas produit de mémoire, ainsi qu’à la Commission nationale des comptes de campagne et des financement politiques, qui n’a pas produit d’observations. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code électoral ; - le code des relations entre le public et l’administration ; - le code de justice administrative ; Après avoir convoqué à une audience publique, d’une part, M. B... et, d’autre part, le ministre de l’intérieur, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, le ministre de l’action et des comptes publics et la ministre des outre-mer. Ont été entendus lors de l’audience publique du 15 avril 2026, à 11 heures : - Me Périer, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, avocat de M. B... ; - M. B... ; - les représentants de M. B... ; - les représentants du ministre de l’intérieur ; à l’issue de laquelle le juge des référés a prononcé la clôture de l’instruction ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». 2. L’article L. 242 du code électoral, applicable à l’élection des membres du Conseil de Paris, des conseillers municipaux, des conseillers communautaires et des conseillers d’arrondissement, prévoit que dans les communes de plus de mille habitants, y compris Lyon et Marseille, ainsi qu’à Paris, « il est remboursé aux candidats le coût du papier, l’impression des bulletins de vote, affiches et circulaires, ainsi que les frais d’affichage ». Aux termes de l’article L. 243 du même code : « Les dépenses visées à l'article L. 242 ne sont remboursées qu'aux listes et aux candidats isolés remplissant les conditions exigées pour bénéficier des moyens de propagande et qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés ». De même, l’article L. 224-24 de ce code, applicable à l’élection des conseillers métropolitains de Lyon, dispose : « Sont remboursés aux listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés : le coût du papier, l'impression des bulletins de vote, affiches, circulaires et les frais d'affichage. Un décret en Conseil d'Etat détermine la nature et le nombre des bulletins, affiches et circulaires dont le coût est remboursé ; il détermine également le montant des frais d'affichage ». Aux termes de l’article R. 39 de ce code : « Lorsqu'il est prévu par la loi, le remboursement par l'Etat des frais d'impression ou de reproduction et d'affichage exposés avant chaque tour de scrutin par les candidats, les binômes de candidats ou les listes est effectué, sur présentation des pièces justificatives, pour les imprimés suivants : / a) Deux affiches identiques d'un format maximal de 594 mm × 841 mm, par emplacement prévu à l'article L. 51 ; / b) Deux affiches d'un format maximal de 297 mm × 420 mm pour annoncer la tenue des réunions électorales, par emplacement prévu à l'article L. 51 ; / c) Un nombre de circulaires égal au nombre d'électeurs, majoré de 5 % ; / d) Un nombre de bulletins de vote égal au double du nombre d'électeurs, majoré de 10 %. / Toutefois, la somme remboursée ne peut excéder celle résultant de l'application, au nombre des imprimés admis à remboursement, des tarifs d'impression et d'affichage fixés par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de l'économie (…) ». 3.

Questions fréquentes

Les frais de transport des bulletins de vote sont-ils remboursés par l'État ?
Selon l'arrêté du 20 février 2026, les tarifs maximaux de remboursement couvrent les frais d'impression et d'affichage, mais ne précisent pas explicitement le transport. Toutefois, le juge a considéré que l'arrêté ne modifie pas l'état du droit et que les frais de transport peuvent être inclus dans les tarifs selon les textes.
Quels sont les tarifs maximaux de remboursement des frais d'impression des documents électoraux ?
Les tarifs sont fixés par arrêté ministériel, comme celui du 20 février 2026, qui détermine les montants maximaux remboursables pour l'impression et l'affichage des documents électoraux.
Puis-je demander la suspension d'un arrêté fixant les tarifs de remboursement des frais de campagne ?
Oui, vous pouvez demander la suspension en référé si vous remplissez les conditions d'urgence et de doute sérieux sur la légalité de l'arrêté, conformément à l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Que faire si les frais de conditionnement des affiches électorales ne sont pas remboursés ?
Vous pouvez contester l'arrêté qui fixe les tarifs, en soutenant qu'il méconnaît l'article R. 39 du code électoral, mais le juge a estimé que l'arrêté ne précise pas le détail des prestations, donc le moyen n'est pas fondé.
Quels sont les recours contre un arrêté ministériel en matière électorale ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d'État, et demander la suspension en référé si l'urgence le justifie.
Comment obtenir le remboursement des frais de campagne électorale ?
Vous devez déposer votre compte de campagne auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, et les frais sont remboursés dans la limite des tarifs fixés par arrêté, si votre liste a obtenu au moins 5 % des suffrages.

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