Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, Juge des référés, 16 avril 2026, n° 514697

Rejet - irrecevabilité Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:514697.20260416

Synthèse de la décision

Question juridique

Un parlementaire a-t-il intérêt à agir contre un décret relatif à la programmation pluriannuelle de l'énergie au seul motif de sa qualité de parlementaire ?

Principe retenu

La seule qualité de parlementaire ne confère pas un intérêt à agir contre un décret, même si le requérant invoque une atteinte aux prérogatives du Parlement. La requête est manifestement irrecevable et est rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Faits clés

  • M. B... A..., parlementaire, demande la suspension du décret n° 2026-76 du 12 février 2026 relatif à la programmation pluriannuelle de l'énergie.
  • Il soutient que le décret a été édicté préalablement à l'adoption de la loi quinquennale prévue à l'article L. 100-1 du code de l'énergie, portant atteinte aux prérogatives du Parlement.
  • Il invoque l'urgence et un doute sérieux sur la légalité du décret.
  • Le juge des référés constate que la seule qualité de parlementaire ne suffit pas à établir un intérêt à agir.
  • La requête est rejetée comme manifestement irrecevable.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 100-1 du code de l'énergie article L. 141-2 du code de l'énergie article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 13 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... A... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : 1°) de suspendre l’exécution du décret n° 2026-76 du 12 février 2026 relatif à la programmation pluriannuelle de l’énergie, 2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - sa requête est recevable en ce que, d’une part, sa qualité de parlementaire participant à la mission de contrôle de l’action du gouvernement lui donne intérêt à agir et qu’en outre le décret contesté porte atteinte aux prérogatives du Parlement en ce qu’il a été édicté préalablement à l’adoption de la loi quinquennale prévue au I de l’article L. 100-1 du code de l’énergie, et, d’autre part, elle a été introduite dans un délai de deux mois à compter de la publication du décret ; - la condition d’urgence est satisfaite eu égard aux conséquences graves et difficilement réversibles que menace de produire le décret contesté, d’une part, sur les investissements des acteurs du secteur de l’énergie et, d’autre part, sur la politique énergétique du pays ; - il existe un doute sérieux quant à la légalité du décret contesté ; - il est entaché de vices de procédure en ce que, d’une part, il a été édicté préalablement à l’adoption de la loi quinquennale prévue au I de l’article L. 100-1 du code de l’énergie, d’autre part, il a été édicté à l’issue d’une concertation préalable irrégulière en ce qu’elle a été réalisée du 7 mars 2025 au 5 avril 2025, concomitamment à l’examen de la proposition de loi portant programmation nationale et simplification normative dans le secteur économique de l’énergie ; - il méconnaît l’article L. 141-2 du code de l’énergie car il ne comporte pas plusieurs scénarios de besoins énergétiques, l’unique scénario retenu étant au surplus manifestement erroné ; - il ne prend pas suffisamment en compte l’impact sur l’agriculture du volet relatif à la sécurité d’approvisionnement en gaz naturel, il ne précise pas les besoins d’importation d’uranium, il ne comporte pas d’indication des priorités de baisse de la consommation d’énergie fossile par type d’énergie, il n’apporte pas de précisions quant au caractère équilibré du développement des réseaux, du stockage et de la transformation des énergies, il ne présente pas les politiques permettant de réduire le coût de l’énergie, en méconnaissance de l’article L. 141-2 du code de l’énergie. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’énergie ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. 2. M. B... A..., qui se prévaut de sa qualité de parlementaire, demande la suspension de l’exécution du décret du 12 février 2026 relatif à la programmation pluriannuelle de l’énergie. Cette seule qualité ne lui confère cependant pas un intérêt lui donnant qualité pour agir contre ce décret, alors même qu’il fait valoir que cet acte porterait atteinte aux prérogatives du Parlement en ce qu’il a été édicté préalablement à l’adoption de la loi quinquennale prévue au I de l’article L. 100-1 du code de l’énergie. Sa requête est donc manifestement irrecevable et ne peut qu’être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. A... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A.... Fait à Paris, le 16 avril 2026 Signé : Christophe Chantepy

Questions fréquentes

Un parlementaire peut-il demander la suspension d'un décret ?
Non, la seule qualité de parlementaire ne lui donne pas intérêt à agir, sauf s'il justifie d'un intérêt personnel et direct.
Quelles sont les conditions pour obtenir la suspension d'un décret ?
Il faut démontrer l'urgence et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Que signifie 'irrecevable' dans une requête en référé ?
Cela signifie que la demande ne remplit pas les conditions de recevabilité, par exemple l'intérêt à agir, et ne sera pas examinée au fond.
Quel est le délai pour saisir le juge des référés ?
Le référé suspension doit être introduit dans un délai de deux mois à compter de la notification ou de la publication de la décision attaquée.
Qu'est-ce que la programmation pluriannuelle de l'énergie ?
C'est un document de planification énergétique prévu par le code de l'énergie, qui fixe les orientations et priorités d'action pour la transition énergétique.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.