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Conseil d'État, Juge des référés, 4 mai 2026, n° 515144

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:515144.20260504

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés du Conseil d'État peut-il, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, intervenir dans des litiges pendants devant une cour administrative d'appel pour remédier à un refus d'enregistrement de requête ?

Principe retenu

Le juge des référés du Conseil d'État, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ne peut pas connaître de conclusions tendant à ce qu'il intervienne dans des litiges pendants devant une cour administrative d'appel. De telles conclusions ne relèvent pas de son office et sont manifestement irrecevables.

Faits clés

  • M. B... a saisi le juge des référés du Conseil d'État sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
  • Il demandait de constater un déni de justice résultant du refus d'enregistrement de sa requête par la cour administrative d'appel de Toulouse.
  • Il sollicitait également qu'il soit répondu favorablement à ses demandes en référé liberté et que toute mesure utile soit ordonnée pour le rétablir dans ses libertés fondamentales.
  • Il invoquait une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à un procès équitable, à l'égalité des contribuables devant la loi fiscale et au respect de sa vie privée et familiale.
  • Le juge des référés a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable, au motif que ces conclusions ne relevaient pas de son office.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 23 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de constater que la décision par laquelle la cour administrative d’appel de Toulouse a refusé d’enregistrer sa requête n° 14302 constitue un déni de justice, « de répondre favorablement à ses demandes en référé liberté » et d’ordonner toute mesure utile afin de le rétablir dans ses libertés fondamentales. Il soutient qu’il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à un procès équitable, au droit à l’égalité des contribuables devant la loi fiscale et à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. 2. M. B... doit être regardé comme demandant au juge des référé du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’intervenir dans le cadre de dossiers relatifs à des litiges le concernant devant la cour administrative d’appel de Toulouse. Toutefois, de telles conclusions ne relèvent pas de l’office du juge des référés du Conseil d’Etat statuant sur le fondement de l’article précité et doivent, par suite, être rejetées comme manifestement irrecevables 3. Il résulte de ce qui précède qu’il est manifeste que la demande de M. B... ne peut être accueillie. Par suite, sa requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Fait à Paris, le 4 mai 2026 Signé : Christophe Chantepy

Questions fréquentes

Que faire si une cour administrative d'appel refuse d'enregistrer ma requête ?
Vous pouvez contester ce refus par les voies de recours appropriées, mais le juge des référés du Conseil d'État n'est pas compétent pour intervenir dans une procédure pendante devant une cour administrative d'appel.
Puis-je saisir le juge des référés du Conseil d'État pour contester un refus d'enregistrement ?
Non, car le juge des référés du Conseil d'État ne peut pas connaître de conclusions tendant à intervenir dans des litiges pendants devant une cour administrative d'appel.
Qu'est-ce que le référé liberté ?
C'est une procédure d'urgence prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative permettant d'obtenir toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale en cas d'atteinte grave et manifestement illégale.
Quelles sont les conditions pour obtenir une mesure en référé liberté ?
Il faut justifier d'une urgence et d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale par une personne publique ou un organisme privé chargé d'une mission de service public.
Le juge des référés peut-il intervenir dans une procédure en cours devant une cour administrative d'appel ?
Non, car cela ne relève pas de son office. Il ne peut pas se substituer à la juridiction d'appel.
Comment réagir en cas de déni de justice ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir contre le refus d'enregistrement ou saisir le tribunal des conflits, mais le référé liberté n'est pas la voie adaptée.

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