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Conseil d'État, Juge des référés, 6 mai 2026, n° 515168

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:515168.20260506

Synthèse de la décision

Question juridique

La demande de remédier à une intrusion informatique et d'être informé des raisons de cette surveillance remplit-elle les conditions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, notamment l'urgence et l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ?

Principe retenu

Le juge des référés ne peut ordonner des mesures sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que si une urgence particulière rend nécessaire l'intervention rapide d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une atteinte grave et manifestement illégale serait portée. En l'absence d'éléments caractérisant une telle urgence ou une telle atteinte, la requête est manifestement mal fondée et peut être rejetée sans instruction ni audience.

Faits clés

  • M. A... a saisi le juge des référés du Conseil d'État sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
  • Il allègue une intrusion informatique permanente en provenance de la gendarmerie nationale.
  • Il demande qu'il soit remédié à cette intrusion et qu'il soit informé des raisons de la surveillance.
  • Il invoque une atteinte grave et manifestement illégale à plusieurs libertés fondamentales, ainsi que la violation du RGPD et de l'article 6 de la CEDH.
  • Le juge des référés a constaté l'absence d'éléments caractérisant une urgence particulière ou une atteinte manifestement illégale et grave.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative règlement (UE) 2016/679 du 27 avril 2016 (RGPD) article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 26 avril 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... A... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’une part, de remédier à une « intrusion informatique (…) permanente visiblement en provenance de la gendarmerie nationale » et, d’autre part, à être informé des raisons justifiant une telle surveillance. Il soutient que : - il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à plusieurs libertés fondamentales ; - cette intrusion informatique méconnaît le cadre du règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016, relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. 2. M. A... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’une part, de remédier à une « intrusion informatique (…) permanente visiblement en provenance de la gendarmerie nationale » et, d’autre part, à être informé des raisons justifiant une telle surveillance. 3. L’usage par le juge des référés des pouvoirs qu’il tient des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu’une urgence particulière rende nécessaire l’intervention rapide d’une mesure de sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une atteinte grave ou manifestement illégale serait portée. Toutefois, le requérant ne fait état, dans sa demande, d’aucun élément de nature à caractériser l’existence d’une urgence particulière, au sens de cet article, ou d’une mesure portant une atteinte manifestement illégale et grave à une liberté fondamentale. Il apparaît donc manifeste que la demande de l’intéressé ne remplit pas l’une des conditions posées par l’article L. 521-2 du code de justice administrative et ne peut donc être accueillie. 4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. A... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A.... Fait à Paris, le 6 mai 2026 Signé : Christophe Chantepy

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour obtenir une mesure en référé liberté ?
Il faut justifier d'une urgence particulière et d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale par une personne publique ou un organisme privé chargé d'une mission de service public.
Que se passe-t-il si ma demande en référé liberté ne remplit pas les conditions ?
Le juge des référés peut rejeter votre requête sans instruction ni audience si elle est manifestement mal fondée, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Puis-je demander au juge des référés de faire cesser une intrusion informatique par la gendarmerie ?
Oui, mais vous devez démontrer une urgence particulière et une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. De simples allégations sans preuve ne suffisent pas.
Quels textes peuvent être invoqués en cas de surveillance illégale ?
Vous pouvez invoquer le RGPD, l'article 8 de la CEDH (droit au respect de la vie privée), et éventuellement l'article 6 de la CEDH si vous estimez que cela affecte votre droit à un procès équitable.
Le juge des référés peut-il rejeter ma demande sans audience ?
Oui, si la demande est manifestement irrecevable, mal fondée, ou si l'urgence n'est pas établie, le juge peut la rejeter par ordonnance motivée sans instruction ni audience.

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