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Conseil d'État, 7ème chambre jugeant seule, 3 juillet 2026, n° 515434

Rejet PAPC Publication : D ECLI : ECLI:FR:CECHS:2026:515434.20260703

Synthèse de la décision

Question juridique

Le refus de renouvellement d'un titre de séjour bénéficie-t-il d'une présomption d'urgence en référé suspension ?

Principe retenu

En matière de référé suspension, la condition d'urgence est présumée satisfaite en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour. Toutefois, cette présomption peut être renversée si l'administration ou le juge démontre que la situation du requérant ne présente pas d'urgence. En l'espèce, le juge des référés a écarté l'urgence sans renverser la présomption, ce qui constitue une erreur de droit. Cependant, le pourvoi n'a pas été admis car les moyens soulevés n'étaient pas sérieux.

Faits clés

  • M. A... a demandé la suspension de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour.
  • Le juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande par ordonnance du 12 février 2026.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Il soutenait que le juge des référés avait commis une erreur de droit en écartant la condition d'urgence, alors qu'il s'agissait d'un refus de renouvellement de titre de séjour.
  • Le Conseil d'État a refusé d'admettre le pourvoi, estimant qu'aucun moyen n'était sérieux.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Bas-Rhin a rejeté sa demande de titre de séjour. Par une ordonnance n° 2601054 du 12 février 2026, le juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté cette demande. Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 5 et 19 mai et 1er juin 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande de suspension ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SARL Dreuzy Avocats, son avocat, au titre des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; - le code de justice administrative ; Après avoir entendu en séance publique : - le rapport de Mme Marie Lehman, maîtresse des requêtes en service extraordinaire ; - les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ; La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la société Dreuzy Avocats, avocat de M. A... ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. A... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg a : - commis une erreur de droit en écartant la condition d’urgence, alors que sa demande tendait au renouvellement de son droit au séjour et qu’il pouvait ainsi se prévaloir de la présomption d’urgence applicable en cas de refus de renouvellement du titre de séjour ; - commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en estimant que les circonstances invoquées n’étaient pas de nature à caractériser l’urgence. 3. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. D E C I D E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. C... A.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Délibéré à l'issue de la séance du 19 juin 2026 où siégeaient : M. Olivier Japiot, président de chambre, présidant ; M. Gilles Pellissier, conseiller d'Etat et Mme Marie Lehman, maîtresse des requêtes en service extraordinaire-rapporteure ; Rendu le 3 juillet 2026 Le président : Signé : M. Olivier Japiot La rapporteure : Signé : Mme Marie Lehman Le secrétaire : Signé : M. Philippe Doumax La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la présomption d'urgence en matière de refus de renouvellement de titre de séjour ?
En principe, le refus de renouvellement d'un titre de séjour est présumé urgent, car il remet en cause le droit au séjour de l'intéressé. Cette présomption peut toutefois être renversée si l'administration ou le juge démontre que la situation ne présente pas d'urgence.
Comment obtenir la suspension d'une décision de refus de titre de séjour ?
Il faut saisir le juge des référés du tribunal administratif sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en démontrant l'urgence et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Que se passe-t-il si le juge des référés rejette ma demande de suspension ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois. Le pourvoi doit être admis par le Conseil d'État, ce qui nécessite de soulever un moyen sérieux.
Quels sont les moyens sérieux pour un pourvoi en cassation ?
Les moyens sérieux peuvent être une erreur de droit, une dénaturation des pièces du dossier, ou un défaut de motivation. En l'espèce, le moyen tiré de la présomption d'urgence a été jugé non sérieux car le juge des référés avait correctement apprécié les circonstances.
Le refus de renouvellement d'un titre de séjour est-il toujours urgent ?
Non, la présomption d'urgence peut être renversée si l'administration ou le juge démontre que la situation ne présente pas d'urgence. Par exemple, si le requérant dispose d'autres droits au séjour ou si la décision ne lui cause pas de préjudice grave et immédiat.
Quel est le rôle du Conseil d'État dans un pourvoi en cassation ?
Le Conseil d'État examine si l'ordonnance du juge des référés est entachée d'une erreur de droit ou d'une dénaturation. Il n'admet le pourvoi que s'il existe un moyen sérieux de cassation.

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