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Conseil d'État, Juge des référés, 18 mai 2026, n° 515654

Rejet - irrecevabilité Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:515654.20260518

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés du Conseil d'État peut-il, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, être saisi pour remédier à un refus d'enregistrement d'une requête par une cour administrative d'appel ?

Principe retenu

Le juge des référés du Conseil d'État, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, ne peut être saisi que pour ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne publique aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale dans l'exercice de ses pouvoirs. Il n'appartient pas à ce juge d'intervenir dans le déroulement d'une procédure juridictionnelle devant une cour administrative d'appel, ni de connaître de conclusions tendant à ce qu'il réponde favorablement à des demandes en référé liberté présentées devant cette cour. De telles conclusions sont manifestement irrecevables.

Faits clés

  • M. B... a saisi le juge des référés du Conseil d'État sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
  • Il demandait de constater que le refus d'enregistrement de sa requête par la cour administrative d'appel de Toulouse constituait un déni de justice.
  • Il demandait également de répondre favorablement à ses demandes en référé liberté et d'ordonner toute mesure utile pour le rétablir dans ses libertés fondamentales.
  • Il invoquait une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à un procès équitable, à l'égalité des contribuables devant la loi fiscale et au respect de sa vie privée et familiale.
  • Le juge des référés a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable, car ces conclusions ne relèvent pas de son office.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 11 mai 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de constater que la décision par laquelle la cour administrative d’appel de Toulouse a refusé d’enregistrer sa requête n° 14302 constitue un déni de justice, « de répondre favorablement à ses demandes en référé liberté » et d’ordonner toute mesure utile afin de le rétablir dans ses libertés fondamentales. Il soutient qu’il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à un procès équitable, au droit à l’égalité des contribuables devant la loi fiscale et à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. 2. M. B... doit être regardé comme demandant au juge des référé du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’intervenir dans le cadre de dossiers relatifs à des litiges le concernant devant la cour administrative d’appel de Toulouse. Toutefois, de telles conclusions ne relèvent pas de l’office du juge des référés du Conseil d’Etat statuant sur le fondement de l’article précité et doivent, par suite, être rejetées comme manifestement irrecevables 3. Il résulte de ce qui précède qu’il est manifeste que la demande de M. B... ne peut être accueillie. Par suite, sa requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Fait à Paris, le 18 mai 2026 Signé : Christophe Chantepy

Questions fréquentes

Puis-je saisir le juge des référés du Conseil d'État pour contester un refus d'enregistrement de ma requête par une cour administrative d'appel ?
Non, le juge des référés du Conseil d'État ne peut pas être saisi pour contester un refus d'enregistrement par une cour administrative d'appel. Une telle demande est manifestement irrecevable, car elle ne relève pas de son office.
Que faire en cas de déni de justice devant une cour administrative d'appel ?
En cas de déni de justice, vous pouvez saisir le juge des référés du Conseil d'État sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, mais uniquement si vous invoquez une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Toutefois, le juge des référés ne peut pas ordonner à la cour d'enregistrer votre requête.
Le juge des référés peut-il intervenir dans une procédure en cours devant une cour administrative d'appel ?
Non, le juge des référés du Conseil d'État ne peut pas intervenir dans le déroulement d'une procédure devant une cour administrative d'appel. Ses pouvoirs sont limités à la sauvegarde des libertés fondamentales en cas d'atteinte grave et manifestement illégale.
Quelles sont les conditions pour obtenir une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale ?
Pour obtenir une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale, il faut justifier d'une urgence et démontrer qu'une personne publique a porté une atteinte grave et manifestement illégale à cette liberté dans l'exercice de ses pouvoirs.
Comment réagir si ma requête n'est pas enregistrée par une juridiction administrative ?
Si votre requête n'est pas enregistrée, vous pouvez demander des explications à la juridiction, former un recours contre cette décision, ou saisir le juge des référés si vous estimez qu'il y a une atteinte grave à une liberté fondamentale. Toutefois, le juge des référés ne peut pas forcer l'enregistrement.
Le juge des référés du Conseil d'État peut-il ordonner à une cour administrative d'appel d'enregistrer ma requête ?
Non, le juge des référés du Conseil d'État ne peut pas ordonner à une cour administrative d'appel d'enregistrer une requête. Une telle demande est manifestement irrecevable.

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