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Conseil d'État, Juge des référés, 2 juin 2026, n° 516186

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:516186.20260602

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés du Conseil d'État peut-il ordonner des mesures utiles pour préserver l'effectivité d'un contrôle juridictionnel en cours lorsque l'urgence n'est pas établie ?

Principe retenu

En application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, le juge des référés ne peut ordonner des mesures utiles que si la condition d'urgence est remplie. En l'espèce, le requérant n'établit ni l'utilité des mesures demandées ni l'urgence, dès lors qu'il se borne à invoquer une situation juridique instable sans démontrer de conséquences graves et immédiates. Par ailleurs, les conclusions tendant à la jonction de requêtes ne relèvent pas de l'office du juge des référés et sont irrecevables.

Faits clés

  • M. B... a saisi le juge des référés du Conseil d'État sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
  • Il demande des mesures utiles pour préserver l'effectivité du contrôle juridictionnel dans les affaires n° 512196 et n° 513222.
  • Il invoque l'adoption le 21 mai 2026 d'une 'loi du pays' abrogeant la 'loi du pays' n° 2026-1 du 8 janvier 2026, l'absence de publication de cette loi et la persistance des arrêtés d'application.
  • Il demande également la jonction de sa requête aux affaires n° 512196 et n° 513222.
  • Le juge des référés a rejeté la requête au motif que l'urgence n'était pas établie et que les conclusions de jonction étaient irrecevables.

Articles cités

article L. 521-3 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête et un nouveau mémoire, enregistrés les 29 et 30 mai 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : 1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ; 2°) « d’ordonner toute mesure utile destinée à préserver provisoirement l’effectivité du contrôle juridictionnel actuellement exercé dans les affaires n° 512196 et n° 513222 » ; 3°) « de dire qu’aucune conséquence administrative irréversible fondée sur les mécanismes litigieux ne pourra intervenir avant clarification juridictionnelle suffisante » ; 4°) d’ordonner la jonction de sa requête aux affaires n° 512196 et n° 513222 ; 5°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 500 001 francs Pacifique au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - la condition d’urgence est satisfaite eu égard à la situation juridique instable aux conséquences administratives difficilement réversibles résultant de l’adoption, le 21 mai 2026, d’une « loi du pays » abrogeant la « loi du pays » n° 2026-1 du 8 janvier 2026, de l’absence de publication de cette loi et de la circonstance que les arrêtés d’application de la « loi du pays » du 8 janvier 2026 sont toujours en vigueur ; - sa requête est directement rattachable aux affaires n° 512196 et n° 513222 en ce qu’elle tend à préserver l’effectivité du contrôle juridictionnel. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. » En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. 2. D’une part, M. B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, « d’ordonner toute mesure utile destinée à préserver provisoirement l’effectivité du contrôle juridictionnel actuellement exercé dans les affaires n° 512196 et n° 513222 » et « de dire qu’aucune conséquence administrative irréversible fondée sur les mécanismes litigieux ne pourra intervenir avant clarification juridictionnelle suffisante ». Toutefois, le requérant, qui se borne à faire valoir qu’une situation juridique instable aux conséquences administratives difficilement réversibles portant atteinte à l’effectivité du contrôle juridictionnel résulterait de l’adoption le 21 mai 2026 d’une « loi du pays » abrogeant la « loi du pays » n° 2026-1 du 8 janvier 2026, de l’absence de publication de cette loi et de la circonstance que les arrêtés d’application de la « loi du pays » du 8 janvier 2026 sont toujours en vigueur, n’établit ni l’utilité des mesures demandées, ni l’urgence qui les justifierait. 3. D’autre part, M. B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat d’ordonner la jonction de sa requête aux affaires n° 512196 et n° 513222. Toutefois, de telles conclusions ne relèvent manifestement pas de son office et sont, par suite, irrecevables. 4. Il résulte de ce qui précède qu’il est manifeste que la requête de M. B... ne peut être accueillie. Par suite, sans qu’il soit besoin de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Fait à Paris, le 2 juin 2026 Signé : Christophe Chantepy Pour expédition conforme, La secrétaire, Agnès Micalowa

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un référé mesures utiles ?
C'est une procédure d'urgence devant le juge administratif permettant d'obtenir toutes mesures nécessaires pour préserver une situation, sans faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, à condition de justifier d'une urgence.
Comment prouver l'urgence dans un référé ?
Il faut démontrer que la situation requiert une intervention rapide, par exemple en raison de conséquences graves et immédiates pour vos droits ou intérêts.
Le juge des référés peut-il ordonner la jonction de requêtes ?
Non, la jonction d'instances relève de la compétence du président de la formation de jugement ou du rapporteur, pas du juge des référés.
Que se passe-t-il si une loi du pays est abrogée sans publication ?
L'abrogation d'une loi du pays doit être publiée pour être opposable. En cas de doute, vous pouvez saisir le juge administratif pour contester la légalité de l'abrogation.
Puis-je obtenir l'aide juridictionnelle provisoire pour un référé ?
Oui, vous pouvez la demander, mais le juge peut rejeter la requête sans l'accorder si la demande est manifestement infondée.

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