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Conseil d'État, Juge des référés, 9 juin 2026, n° 516395

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:516395.20260609

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés du Conseil d'État est-il compétent pour connaître d'une demande de calcul et de versement d'une pension militaire d'invalidité et pour abroger un décret ?

Principe retenu

Le juge des référés du Conseil d'État ne peut être régulièrement saisi en premier et dernier ressort que si le litige principal relève de la compétence directe du Conseil d'État. Une demande de calcul et de versement d'une pension militaire d'invalidité ne relève pas de cette compétence. De plus, le juge des référés ne peut pas statuer sur une demande d'abrogation d'un décret, car il ne statue que par des mesures provisoires et n'est pas saisi du principal.

Faits clés

  • M. B... a saisi le juge des référés du Conseil d'État sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
  • Il demande le calcul de ses droits à pension militaire d'invalidité et le versement de cette pension.
  • Il demande également l'abrogation du décret n° 2020-335 du 25 mars 2020 relatif aux recours administratifs préalables obligatoires.
  • Le juge des référés a constaté que la demande de pension ne relève pas de la compétence directe du Conseil d'État.
  • Le juge des référés a rejeté la demande d'abrogation car elle ne relève pas de son office.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 511-1 du code de justice administrative article R. 522-8-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 4 juin 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : 1°) de calculer ses droits à pension en application du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre et du code de justice administrative et de lui faire verser cette pension ; 2°) d’abroger le décret n° 2020-335 du 25 mars 2020 relatif aux recours administratif préalables obligatoires examinés par la commission des recours des militaires et la commission de recours de l’invalidité. Il soutient qu’il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à un procès équitable. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. 2. D’une part, le juge des référés du Conseil d’Etat ne peut être régulièrement saisi, en premier et dernier ressort, d’une requête tendant à la mise en œuvre de l’une des procédures régies par le livre V du code de justice administrative que pour autant que le litige principal auquel se rattache ou est susceptible de se rattacher la mesure d’urgence qu’il lui est demandé de prendre ressortit lui-même à la compétence directe du Conseil d’Etat. L’article R. 522-8-1 du même code prévoit que, par dérogation aux dispositions du titre V du livre III relatif au règlement des questions de compétence au sein de la juridiction administrative, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance. 3. M. B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de calculer ses droits à pension en application du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre et du code de justice administrative et de lui faire verser cette pension. Toutefois, une telle demande n’est manifestement pas au nombre de celles dont il appartient au Conseil d’Etat de connaître en premier et dernier ressort. 4. D’autre part, aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ». Il s’ensuit que les conclusions présentées par M. B... tendant à l’abrogation du décret n° 2020-335 du 25 mars 2020, qui ne ressortissent manifestement pas à l’office du juge des référés, ne peuvent qu’être rejetées. 5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Fait à Paris, le 9 juin 2026 Signé : Christophe Chantepy Pour expédition conforme, La secrétaire, Agnès Micalowa

Questions fréquentes

Puis-je demander au juge des référés du Conseil d'État de calculer ma pension militaire d'invalidité ?
Non, car cette demande ne relève pas de la compétence directe du Conseil d'État. Le juge des référés du Conseil d'État ne peut connaître que des litiges dont le principal relève de sa compétence.
Le juge des référés peut-il abroger un décret ?
Non, le juge des référés ne statue que par des mesures provisoires et n'est pas saisi du principal. Une demande d'abrogation d'un décret ne relève pas de son office.
Quelle est la compétence du juge des référés du Conseil d'État ?
Le juge des référés du Conseil d'État ne peut être saisi que si le litige principal relève de la compétence directe du Conseil d'État. Il peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale en cas d'urgence et d'atteinte grave et manifestement illégale.
Comment contester un refus de pension militaire d'invalidité ?
Il convient de saisir la juridiction administrative compétente, généralement le tribunal administratif, dans les délais légaux. Le juge des référés du Conseil d'État n'est pas compétent pour ce type de litige.
Qu'est-ce qu'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ?
C'est une violation évidente et sérieuse d'une liberté fondamentale (comme la liberté d'aller et venir, le droit à la vie, etc.) commise par une autorité administrative. Le juge des référés peut alors intervenir en urgence.
Quel est le délai pour saisir le juge des référés ?
Le référé liberté doit être introduit dans un délai raisonnable à compter de l'acte contesté, en raison de l'urgence. Il n'y a pas de délai fixe, mais il faut agir rapidement.

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