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Conseil d'État, Juge des référés, 7 juillet 2026, n° 517289

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:517289.20260707

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés du Conseil d'État peut-il, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, enjoindre au gouvernement d'informer le public sur une autothérapie et condamner l'État à des dommages et intérêts ?

Principe retenu

Le juge des référés liberté ne peut ordonner des mesures que pour sauvegarder une liberté fondamentale à laquelle une personne publique aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Il ne peut pas statuer sur des conclusions indemnitaires, qui relèvent du juge du fond. En l'absence d'éléments révélant une carence des pouvoirs publics portant une atteinte grave et manifestement illégale au droit à la vie, la requête est manifestement mal fondée.

Faits clés

  • M. B... a saisi le juge des référés du Conseil d'État sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
  • Il demande d'enjoindre au gouvernement d'informer le public sur l'autothérapie d'hémocalorthérapie en prévention des épidémies de grippe et de Covid-19.
  • Il demande également la condamnation de l'État à lui verser 500 000 euros en réparation de préjudices.
  • Il invoque l'urgence en raison du danger mortel de l'hantavirus et une atteinte grave au droit aux soins vitaux.
  • Il allègue une faute de l'État pour ne pas avoir informé le public sur la contre-indication du paracétamol en cas d'infection virale.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : 1°) d’enjoindre au gouvernement « d’informer le public de l’autothérapie d’hémocalorthérapie, gratuite, en prévention des épidémies de grippe et de Covid-19 » ; 2°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 500 000 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis. Il soutient que : - la condition d’urgence est satisfaite en ce que les personnes contaminées par l’hantavirus sont exposées à un danger mortel en l’absence de traitement efficace ; - il est porté une atteinte grave et manifestement illégale aux « droits au soins vitaux » ; - l’Etat commet une « faute mortelle, voire génocidaire » en ne prévenant pas le public de la contre-indication de l’emploi du paracétamol en cas d’infection virale malgré ses alertes. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. 2. D’une part, M. B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au gouvernement « d’informer le public de l’autothérapie d’hémocalorthérapie, gratuite, en prévention des épidémies de grippe et de Covid-19 ». Toutefois, s’il doit être regardé comme invoquant le droit à la vie, il n’apporte aucun élément de nature à révéler l’existence d’une carence des pouvoirs publics portant à ce droit une atteinte grave et manifestement illégale. 3. D’autre part, M. B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de condamner l’Etat à lui verser la somme de 500 000 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis. Toutefois, de telles conclusions ne relèvent pas de l’office du juge des référés statuant sur le fondement de l’article précité et doivent, par suite, être rejetées comme manifestement irrecevables. 4. Il résulte de ce qui précède qu’il est manifeste que la requête de M. B... ne peut être accueillie. Par suite, sa requête doit être rejetée, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Fait à Paris, le 7 juillet 2026 Signé : Christophe Chantepy Pour expédition conforme, La secrétaire, Agnès Micalowa

Questions fréquentes

Puis-je demander au juge des référés d'ordonner au gouvernement de diffuser une information sur un traitement ?
Le juge des référés liberté ne peut ordonner des mesures que si une liberté fondamentale subit une atteinte grave et manifestement illégale. En l'absence de preuve d'une telle atteinte, la demande est rejetée.
Le juge des référés peut-il condamner l'État à des dommages et intérêts ?
Non, le juge des référés liberté ne peut pas statuer sur des conclusions indemnitaires. Ces demandes relèvent du juge du fond.
Quelles sont les conditions pour obtenir une mesure en référé liberté ?
Il faut justifier d'une urgence et d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale par une personne publique.
Le juge des référés peut-il rejeter ma requête sans audience ?
Oui, si la requête est manifestement irrecevable ou mal fondée, le juge peut la rejeter par ordonnance motivée sans instruction ni audience, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

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