Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, Juge des référés, 17 juillet 2026, n° 517354

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:517354.20260717

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés du Conseil d'État est-il compétent pour connaître d'une demande de calcul de droits à pension et pour suspendre ou abroger des dispositions réglementaires relatives aux pensions militaires d'invalidité ?

Principe retenu

Le juge des référés du Conseil d'État ne peut être saisi que si le litige principal relève de la compétence directe du Conseil d'État. Les conclusions tendant à l'abrogation de dispositions réglementaires ou à des mesures définitives sont irrecevables car le juge des référés ne statue que par des mesures provisoires. La suspension d'un acte sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative nécessite une situation d'urgence caractérisée.

Faits clés

  • M. B... demande le calcul de ses droits à pension depuis 1997 en se référant au guide-barème des invalidités.
  • Il demande l'abrogation du décret n° 2020-335 du 25 mars 2020 et de la partie réglementaire du code des pensions militaires d'invalidité.
  • Il demande la suspension de l'exécution du décret et de l'article D. 125-4 du même code.
  • Il invoque une atteinte grave à son droit à un procès équitable et une situation d'urgence due à l'insuffisance de sa pension.
  • Le juge des référés constate que la demande de calcul de pension ne relève pas de la compétence directe du Conseil d'État.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article R. 522-8-1 du code de justice administrative article L. 511-1 du code de justice administrative article D. 125-4 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête et un nouveau mémoire, enregistrés les 3 et 7 juillet 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : 1°) de calculer ses droits à pension depuis 1997 en se référant au guide-barème des invalidités annexé au code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre ; 2°) d’abroger le décret n° 2020-335 du 25 mars 2020 et la partie réglementaire du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre ; 3°) d’ordonner toute mesures utiles définitives afin de le rétablir dans ses droits fondamentaux ; 4°) de suspendre l’exécution du décret n° 2020-335 du 25 mars 2020 ; 5°) de suspendre l’exécution de l’article D. 125-4 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre. Il soutient que : - le Conseil d’Etat est compétent pour connaître de sa requête ; - la condition d’urgence est satisfaite dès lors que le montant de sa pension militaire d’invalidité ne lui permet pas de subvenir à ses besoins primaires et le place dans une situation d’insalubrité ; - il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à un procès équitable dès lors que ses multiples demandes adressées au service des pensions depuis vingt ans ont systématiquement été rejetées ; - les actes contestés sont inconstitutionnels et méconnaissent la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : Sur les conclusions tendant au calcul des droits à pensions : 1. Le juge des référés du Conseil d’Etat ne peut être régulièrement saisi, en premier et dernier ressort, d’une requête tendant à la mise en œuvre de l’une des procédures régies par le livre V du code de justice administrative que pour autant que le litige principal auquel se rattache ou est susceptible de se rattacher la mesure d’urgence qu’il lui est demandé de prendre ressortit lui-même à la compétence directe du Conseil d’Etat. L’article R. 522-8-1 du même code prévoit que, par dérogation aux dispositions du titre V du livre III relatif au règlement des questions de compétence au sein de la juridiction administrative, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance. 2. M. B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de calculer ses droits à pension depuis 1997 en se référant au guide-barème des invalidités annexé au code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre. Toutefois, une telle demande n’est manifestement pas au nombre de celles dont il appartient au Conseil d’Etat de connaître en premier et dernier ressort. Sur les conclusions tendant à l’abrogation de dispositions réglementaires et à la prescription de mesures définitives : 3. Aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ». Il s’ensuit que les conclusions présentées par M. B... tendant, d’une part, à l’abrogation du décret n° 2020-335 du 25 mars 2020 et de la partie réglementaire du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre et, d’autre part, à la prescription de mesures définitives, qui ne ressortissent manifestement pas à l’office du juge des référés, ne peuvent qu’être rejetées. Sur les conclusions tendant à la suspension de l’exécution du décret n° 2020-335 du 25 mars 2020 et de l’article D. 125-4 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre : 4. Il résulte des dispositions précitées de l’article L. 521-2 du code de justice administrative que lorsqu’un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée à cet article, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. 5. M. B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution, d’une part, du décret n° 2020-335 du 25 mars 2020 et, d’autre part, de l’article D. 125-4 du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre. Toutefois, le requérant n’apporte aucun élément de nature à caractériser l’existence d’une situation d’urgence justifiant seule que soit ordonnée à très bref délai la suspension des actes contestés. 6. Il résulte de tout ce qui précède qu’il est manifeste que la requête de M. B... ne peut être accueillie. Elle doit, par suite, être rejetée, selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Fait à Paris, le 17 juillet 2026 Signé : Christophe Chantepy Pour expédition conforme, La secrétaire, Agnès Micalowa

Questions fréquentes

Puis-je demander au juge des référés de suspendre un décret qui réduit ma pension militaire d'invalidité ?
Oui, mais vous devez justifier d'une situation d'urgence caractérisée et d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Le juge des référés ne peut pas abroger le décret, seulement le suspendre provisoirement.
Quel tribunal est compétent pour contester le montant de ma pension militaire d'invalidité ?
En général, le tribunal administratif de votre lieu de résidence est compétent en premier ressort. Le Conseil d'État n'est compétent en premier et dernier ressort que pour certains litiges spécifiques, comme les recours contre les actes réglementaires des ministres.
Comment prouver l'urgence pour obtenir une suspension en référé ?
Vous devez démontrer que la situation requiert une intervention rapide du juge, par exemple en raison de conséquences graves et immédiates sur vos conditions de vie, votre santé, ou vos revenus. Des éléments concrets comme des factures impayées ou des certificats médicaux peuvent être utiles.
Le juge des référés peut-il abroger un décret ?
Non, le juge des référés ne peut prendre que des mesures provisoires. L'abrogation d'un décret relève du juge de l'excès de pouvoir, qui statue au fond. En référé, vous pouvez seulement demander la suspension de l'exécution du décret.
Quelles sont les conditions pour saisir le juge des référés du Conseil d'État ?
Le juge des référés du Conseil d'État n'est compétent que si le litige principal relève de la compétence directe du Conseil d'État. De plus, pour le référé-liberté, vous devez justifier d'une urgence particulière et d'une atteinte grave à une liberté fondamentale.
Ma pension militaire est insuffisante, puis-je obtenir une mesure provisoire ?
Vous pouvez demander une mesure provisoire au juge des référés, mais vous devez démontrer une urgence et une atteinte à une liberté fondamentale. Le juge peut ordonner des mesures conservatoires, mais il ne peut pas recalculer votre pension lui-même.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.