Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, Juge des référés, 14 août 2026, n° 518711

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:518711.20260814

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés du Conseil d'État peut-il connaître en premier et dernier ressort d'une demande fondée sur le référé-liberté tendant au versement de dommages-intérêts qui ne relève pas de la compétence directe du Conseil d'État ?

Principe retenu

Le juge des référés du Conseil d'État ne peut être saisi en premier et dernier ressort d'une demande fondée sur une procédure du livre V du code de justice administrative que si le litige principal auquel se rattache la mesure demandée relève lui-même de la compétence directe du Conseil d'État. Une demande indemnitaire tendant au versement de dommages-intérêts, qui ne relève manifestement pas de cette compétence, peut être rejetée par ordonnance sans instruction ni audience sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Faits clés

  • M. B. a saisi le juge des référés du Conseil d'État sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
  • Il demandait à l'État le versement de 300 000 euros en réparation de préjudices allégués.
  • Il invoquait ses recherches et le procédé qu'il aurait mené seul pour lutter plus efficacement contre les incendies.
  • Il soutenait que l'urgence résultait de la gravité des incendies survenus en 2026.
  • Il invoquait une atteinte grave et manifestement illégale à des « droits aux soins vitaux ».

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article R. 522-8-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 10 août 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative de condamner l’État à lui verser la somme de 300 000 euros au titre des préjudices qu’il estime avoir subis. Il soutient que : - la condition d’urgence est satisfaite en ce que les incendies qui sévissent en 2026, en France et ailleurs, sont violents et ont des conséquences graves sur les personnes ; - il est porté une atteinte grave et manifestement illégale aux « droits aux soins vitaux ». Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. 2. Le juge des référés du Conseil d’Etat ne peut être régulièrement saisi, en premier et dernier ressort, d’une requête tendant à la mise en œuvre de l’une des procédures régies par le livre V du code de justice administrative que pour autant que le litige principal auquel se rattache ou est susceptible de se rattacher la mesure d’urgence qu’il lui est demandé de prendre ressortit lui-même à la compétence directe du Conseil d’Etat. L’article R. 522-8-1 du même code prévoit que, par dérogation aux dispositions du titre V du livre III relatif au règlement des questions de compétence au sein de la juridiction administrative, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance. 3. M. B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui verser des dommages et intérêt d’un montant de 300 000 euros en réparation des préjudices subis résultant de ses recherches et du procédé qu’il a mené seul pour lutter plus efficacement contre les incendies. Ce recours n’est, en tout état de cause, manifestement pas au nombre de ceux dont il appartient au Conseil d’Etat de connaître en premier et dernier ressort. 4. Il résulte de ce qui précède qu’il est manifeste que la requête de M. B... ne peut être accueillie. Par suite, sa requête doit être rejetée selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Fait à Paris, le 14 août 2026 Signé : Fabien Raynaud Pour expédition conforme, La secrétaire, Agnès Micalowa

Questions fréquentes

Le référé-liberté permet-il d'obtenir des dommages-intérêts ?
Le référé-liberté vise principalement à faire cesser, en urgence, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Une demande tendant principalement au versement de dommages-intérêts ne relève pas nécessairement de la compétence du juge des référés du Conseil d'État.
Peut-on saisir directement le Conseil d'État pour demander réparation à l'État ?
Non, pas en principe. Le Conseil d'État ne peut être saisi directement en premier et dernier ressort que lorsque le litige relève de sa compétence directe.
Le Conseil d'État peut-il rejeter une requête sans audience ?
Oui. Lorsque la requête est manifestement irrecevable, mal fondée ou ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, elle peut être rejetée par ordonnance sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Quelle est la conséquence d'une demande indemnitaire présentée en référé-liberté devant le Conseil d'État ?
Si le litige indemnitaire ne relève pas de la compétence directe du Conseil d'État, la requête peut être rejetée comme ne faisant manifestement pas partie des affaires que le Conseil d'État peut juger en premier et dernier ressort.
Le fait d'invoquer une liberté fondamentale rend-il automatiquement le Conseil d'État compétent ?
Non. La compétence dépend de la nature du litige principal et des règles de compétence applicables. L'invocation d'une liberté fondamentale ne suffit pas à rendre le Conseil d'État directement compétent.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.