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Conseil d'État, Juge des référés, 20 août 2026, n° 518788

Rejet Publication : C ECLI : ECLI:FR:CEORD:2026:518788.20260820

Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge des référés du Conseil d'État peut-il être saisi directement, en premier et dernier ressort, d'une demande de mesure utile concernant la communication d'un acte d'état civil par une mairie ?

Principe retenu

Le juge des référés du Conseil d'État ne peut être saisi directement, en premier et dernier ressort, sur le fondement du livre V du code de justice administrative, que si le litige principal auquel se rattache la mesure demandée relève lui-même de la compétence directe du Conseil d'État. À défaut, la requête est rejetée par ordonnance, notamment lorsque l'incompétence est manifeste.

Faits clés

  • M. B. a demandé au juge des référés du Conseil d'État d'ordonner à la mairie de La Valette-du-Var de lui communiquer un acte de décès.
  • La demande était fondée sur l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
  • Le requérant invoquait l'urgence et l'absence de réponse à une demande effectuée plusieurs années auparavant.
  • La mesure sollicitée concernait le service d'état civil d'une commune.
  • Le Conseil d'État a estimé que le recours ne relevait manifestement pas de sa compétence en premier et dernier ressort.

Articles cités

article L. 521-3 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article R. 522-8-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 13 août 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. C... B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : 1°) d’enjoindre au service de l’état civil de la mairie de la Valette du Var de lui communiquer l’acte de décès de M. A... D..., dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; 2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient d’une part, que sa demande de communication de l’acte de décès est urgente, en ce que, elle est nécessaire pour protéger ses droits et, d’autre part, aucun retour n’a été fait sur sa demande réalisée il y plusieurs années. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. 2. Le juge des référés du Conseil d’Etat ne peut être régulièrement saisi, en premier et dernier ressort, d’une requête tendant à la mise en œuvre de l’une des procédures régies par le livre V du code de justice administrative que pour autant que le litige principal auquel se rattache ou est susceptible de se rattacher la mesure d’urgence qu’il lui est demandé de prendre ressortit lui-même à la compétence directe du Conseil d’Etat. L’article R. 522-8-1 du même code prévoit que, par dérogation aux dispositions du titre V du livre III relatif au règlement des questions de compétence au sein de la juridiction administrative, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance. 3. M. B... demande au juge des référés du Conseil d’Etat, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au service de l’état civil de la mairie de la Valette du Var de lui communiquer l’acte de décès de M. A... D.... Toutefois, ce recours n’est manifestement pas au nombre de ceux dont il appartient au Conseil d’Etat de connaître en premier et dernier ressort. 4. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de M. B..., y compris ses conclusions au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. O R D O N N E : ------------------ Article 1er : La requête de M. B... est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B.... Fait à Paris, le 20 août 2026 Signé : Christine Maugüé Pour expédition conforme, La secrétaire, Agnès Micalowa

Questions fréquentes

Le Conseil d'État peut-il être saisi directement pour obtenir un acte de décès auprès d'une mairie ?
Pas nécessairement. En référé, sa compétence directe suppose que le litige principal relève lui-même de sa compétence en premier et dernier ressort. Une demande concernant un service communal ne relève en principe pas directement du Conseil d'État.
Le référé mesures utiles permet-il de demander la communication d'un document administratif ?
Oui, sous réserve que les conditions du référé soient réunies, notamment l'urgence, l'utilité de la mesure et l'absence d'obstacle à l'exécution d'une décision administrative. La demande doit toutefois être adressée à la juridiction compétente.
Que fait le juge si la requête en référé est manifestement présentée devant une juridiction incompétente ?
Il peut la rejeter par ordonnance motivée, sans instruction ni audience, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
L'absence de réponse de la mairie pendant plusieurs années établit-elle la compétence du Conseil d'État ?
Non. L'absence de réponse peut contribuer à caractériser l'urgence ou le différend, mais elle ne modifie pas les règles de compétence juridictionnelle.
Le requérant peut-il obtenir le remboursement de ses frais si sa requête est rejetée pour incompétence ?
Dans cette affaire, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont également été rejetées avec la requête.

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