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Conseil d'État, 5ème chambre, 16 septembre 2025, n° 486659

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:486659.20250916

Synthèse de la décision

Question juridique

La procédure de mise en demeure de quitter les lieux prévue par la loi du 5 juillet 2000 est-elle applicable à un membre de la communauté rom qui ne choisit pas son mode de vie itinérant, et cette mesure porte-t-elle atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la CESDH ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à une procédure d'admission. Il est refusé si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, notamment l'irrégularité de l'ordonnance, la dénaturation des pièces, l'erreur de qualification juridique, l'erreur de droit et la méconnaissance de l'article 8 de la CESDH, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B A a demandé l'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2021 du préfet du Nord le mettant en demeure de quitter un terrain à Sainghin-en-Mélantois dans un délai de 24 heures.
  • Le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande par jugement du 28 octobre 2021.
  • La cour administrative d'appel de Douai a rejeté son appel par ordonnance du 29 mars 2023.
  • M. A a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
  • L'association Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE) est intervenue au soutien du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 222-1 du code de justice administrative article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B A a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2021 par lequel le préfet du Nord a mis en demeure les occupants sans droit ni titre installés avec leurs véhicules et habitations mobiles sur un terrain situé au droit de l'avenue de l'Harmonie et un terrain contigu à Sainghin-en-Mélantois (Nord) de quitter ce site dans un délai de vingt-quatre heures. Par un jugement n° 2108424 du 28 octobre 2021, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 22DA00444 du 29 mars 2023, prise sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le président de la 1ère chambre de la cour administrative d'appel de Douai a rejeté l'appel formé par M. A contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 août et 23 novembre 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 400 euros au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative. Par une intervention, enregistrée le 29 janvier 2024, l'association Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE) demande que le Conseil d'Etat fasse droit aux conclusions du pourvoi. Elle se réfère aux moyens exposés dans le pourvoi. En application des dispositions de l'article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l'avocat du requérant a été informé que la décision du Conseil d'Etat était susceptible d'être prise en application de l'article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 ; - le décret n° 2019-1478 du 26 décembre 2019 ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". Aux termes du quatrième alinéa de l'article R. 822-5 du même code : " Lorsque le pourvoi est dirigé contre une décision rendue en appel, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre s'il est manifestement dépourvu de fondement ". 2. Pour demander l'annulation de l'ordonnance du président de la 1ère chambre de la cour administrative d'appel de Douai qu'il attaque, M. A soutient qu'elle est entachée : - d'irrégularité, faute d'avoir visé et répondu à l'ensemble des moyens invoqués ; - de dénaturation des pièces du dossier, d'erreur de qualification juridique des faits, d'erreur de droit et d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en ce qu'elle retient que la loi du 5 juillet 2000 lui est applicable, en tant que membre de la communauté rom, alors qu'il n'a pas choisi son mode de vie itinérant ; - d'erreur de droit, d'erreur de qualification juridique des faits et d'insuffisance de motivation, en ce qu'elle juge que l'occupation du site était de nature à porter atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques ; - d'erreur de droit et d'erreur de qualification juridique des faits, en ce qu'elle juge que la mesure d'expulsion litigieuse ne porte pas atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. 3. Il est manifeste qu'aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de M. A n'est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'association Avocats pour la défense des droits des étrangers. Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur. Fait à Paris, le 16 septembre 2025 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras 1

Questions fréquentes

Que faire si je reçois une mise en demeure de quitter un terrain ?
Vous pouvez contester cette décision devant le tribunal administratif dans un délai de deux mois. Il est conseillé de consulter un avocat ou une association spécialisée.
La loi du 5 juillet 2000 s'applique-t-elle à tous les gens du voyage ?
La loi s'applique aux personnes qui ont une activité itinérante et qui sont dépourvues de domicile fixe. Si vous ne correspondez pas à cette définition, vous pouvez contester son application.
Qu'est-ce que l'article 8 de la CESDH ?
L'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme garantit le droit au respect de la vie privée et familiale, du domicile et de la correspondance. Une expulsion peut le violer si elle est disproportionnée.
Comment se déroule la procédure d'admission d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Le pourvoi doit d'abord être admis. S'il est manifestement infondé, le président de la chambre peut décider de ne pas l'admettre par ordonnance, sans audience.
Puis-je être expulsé sans jugement ?
L'administration peut prendre une mise en demeure de quitter les lieux dans le cadre de la loi du 5 juillet 2000, mais vous pouvez la contester devant le juge administratif.

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