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Conseil d'État, 1ère chambre, 27 août 2025, n° 502820

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:502820.20250827

Synthèse de la décision

Question juridique

Le point de départ du délai de prescription quadriennale pour une action en réparation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence résultant de carences fautives de l'Etat dans la prévention des risques liés à l'amiante est-il la date de publication de l'arrêté d'inscription de l'établissement sur la liste ouvrant droit à l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Lorsque le pourvoi est dirigé contre une décision rendue en appel, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre s'il est manifestement dépourvu de fondement. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B a demandé au tribunal administratif de Besançon la condamnation de l'Etat à lui verser 30 000 euros en réparation de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence dus à des carences fautives de l'Etat dans la prévention des risques liés à l'amiante.
  • Le tribunal administratif a rejeté sa demande par jugement du 26 octobre 2023.
  • La cour administrative d'appel de Nancy a rejeté son appel par ordonnance du 4 février 2025.
  • M. B se pourvoit en cassation contre cette ordonnance.
  • Il soutient que le point de départ de la prescription a été fixé à la date de publication de l'arrêté d'inscription de l'établissement Alstom à Belfort, alors que les jugements ayant conduit à cet arrêté ont été annulés.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 loi n° 1998-1194 du 23 décembre 1998 arrêté du 30 octobre 2007

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A B a demandé au tribunal administratif de Besançon de condamner l'Etat à lui verser la somme de 30 000 euros, assortie des intérêts légaux et de leur capitalisation, en réparation de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence résultant de carences fautives de l'Etat dans la prise en charge de la prévention des risques liés à l'exposition professionnelle aux poussières d'amiante. Par un jugement n° 2101255 du 26 octobre 2023, le tribunal administratif de Besançon a rejeté cette demande. Par une ordonnance n° 23NC03695 du 4 février 2025, le premier vice-président de la cour administrative d'appel de Nancy a rejeté l'appel formé par M. B contre ce jugement. Par un pourvoi et un nouveau mémoire, enregistrés les 27 mars et 4 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B, représenté par la SARL Thouvenin, Coudray, Grévy, demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par un courrier du 23 juillet 2025, notifié le même jour, l'avocat de M. B a été informé, en application des dispositions de l'article R. 822-5-1 du code de justice administrative, que la décision du Conseil d'Etat était susceptible d'être prise en application de l'article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ; - la loi n° 1998-1194 du 23 décembre 1998 ; - l'arrêté du 30 octobre 2007 modifiant et complétant la liste des établissements de fabrication, flocage et calorifugeage à l'amiante susceptibles d'ouvrir droit à l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". 2. Aux termes du quatrième alinéa de l'article R. 822-5 de ce code : " Lorsque le pourvoi est dirigé contre une décision rendue en appel, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre s'il est manifestement dépourvu de fondement. " Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 3. Pour demander l'annulation de l'ordonnance qu'il attaque, M. B soutient que : - le premier vice-président de la cour administrative d'appel s'est mépris sur la portée de ses écritures, les a dénaturées, a commis une erreur de droit et inexactement qualifié les faits de l'espèce et les pièces du dossier qui lui était soumis en appliquant, pour fixer le point de départ du délai de prescription de sa créance, la jurisprudence relative au préjudice d'anxiété, alors qu'il se prévalait du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence résultant des carences fautives de l'Etat dans l'exercice de sa mission de réglementation et de contrôle en matière de risques liés à l'exposition professionnelle aux poussières d'amiante ; - il a commis une erreur de droit en retenant comme point de départ du délai de prescription de sa créance la date de publication de l'arrêté d'inscription de l'établissement Alstom à Belfort sur la liste ouvrant droit à l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante, alors que les jugements du tribunal administratif de Besançon en application desquels cet arrêté a été édicté ont été annulés par des arrêts de la cour administrative d'appel de Nancy devenus définitifs ; - il a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant qu'il n'était pas établi qu'une plainte avec constitution de partie civile, seule susceptible d'interrompre la prescription quadriennale, avait été déposée par les organisations syndicales représentatives des travailleurs de l'établissement dans lequel il avait travaillé ; - il a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant qu'il n'apportait pas la moindre précision sur la réalité des troubles dans ses conditions d'existence qu'il invoquait. 4. Il est manifeste qu'aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de M. B n'est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Copie en sera adressée à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles. Fait à Paris, le 27 août 2025 La présidente : Gaëlle Dumortier La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation : Hervé Herber

Questions fréquentes

Quel est le délai pour demander réparation à l'Etat pour un préjudice lié à l'amiante ?
Le délai de prescription quadriennale est de quatre ans à compter du premier jour de l'année suivant celle où la créance est devenue certaine. Pour le préjudice d'anxiété, le point de départ est généralement la date de publication de l'arrêté inscrivant l'établissement sur la liste ouvrant droit à l'allocation de cessation anticipée d'activité.
A partir de quand court la prescription pour une action en indemnisation contre l'Etat ?
La prescription court à compter du premier jour de l'année suivant celle où la créance est devenue certaine. Pour le préjudice d'anxiété, elle court à compter de la publication de l'arrêté d'inscription de l'établissement sur la liste.
Qu'est-ce que le préjudice d'anxiété ?
Le préjudice d'anxiété est un préjudice moral résultant de l'inquiétude permanente face au risque de développer une maladie grave due à l'exposition à l'amiante. Il est indemnisable pour les travailleurs exposés.
Comment obtenir réparation pour des troubles liés à l'exposition à l'amiante ?
Il faut saisir le tribunal administratif d'une demande indemnitaire contre l'Etat, en démontrant une carence fautive de l'Etat dans la prévention des risques. Il faut respecter le délai de prescription quadriennale.
Quelle est la responsabilité de l'Etat dans la prévention des risques liés à l'amiante ?
L'Etat a une obligation de réglementation et de contrôle. Une carence fautive peut engager sa responsabilité, ouvrant droit à réparation pour les préjudices subis.
Qu'est-ce que l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante ?
C'est une allocation versée aux travailleurs exposés à l'amiante qui cessent leur activité. Elle est accordée aux salariés des établissements inscrits sur une liste fixée par arrêté.

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