Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 2ème chambre, 2 septembre 2025, n° 503660

R. 122-12-4 Rejet irrecevabilité manifeste Publication : Z ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:503660.20250902

Synthèse de la décision

Question juridique

Une requête dirigée contre un décret portant refus d'acquisition de la nationalité française est-elle irrecevable lorsque le requérant ne produit pas l'acte attaqué et ne régularise pas sa requête malgré une demande de régularisation ?

Principe retenu

En application de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, la requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée de l'acte attaqué, sauf impossibilité justifiée. Si le requérant ne produit pas l'acte attaqué et ne régularise pas sa requête dans le délai imparti après une demande de régularisation, la requête est manifestement irrecevable et peut être rejetée par ordonnance en vertu de l'article R. 122-12 du même code.

Faits clés

  • Mme A a saisi le Conseil d'État d'une requête en annulation du décret du 17 janvier 2025 portant refus d'acquisition de la nationalité française.
  • La requête n'était pas accompagnée du décret attaqué.
  • Une demande de régularisation a été adressée à Mme A par lettre du 29 avril 2025, notifiée le 3 mai 2025, lui impartissant un délai d'un mois.
  • Mme A n'a pas produit le décret attaqué dans le délai imparti.
  • Le Conseil d'État a rejeté la requête comme manifestement irrecevable.

Articles cités

article R. 122-12 du code de justice administrative article R. 412-1 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 18 avril 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B A demande au Conseil d'Etat d'annuler le décret du 17 janvier 2025 portant refus d'acquisition de la nationalité française. Par une lettre du 29 avril 2025, notifiée le 3 mai 2025, Mme A a été invitée à régulariser sa requête dans un délai d'un mois à compter de la réception de cette lettre. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article R. 122-12 du code de justice administrative : " Le président de la section du contentieux, les présidents adjoints de cette section, les présidents de chambre () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ". 2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ". Le troisième alinéa de l'article R. 612-1 du même code dispose que : " La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ". 2. La requête de Mme A n'était pas accompagnée du décret portant refus d'acquisition de la nationalité française. Mme A n'a pas régularisé sa requête en produisant le décret qu'elle déclare contester, en dépit de la demande de régularisation dans un délai d'un mois qui lui a été adressée par lettre du 29 avril 2025, notifiée le 3 mai 2025. Dès lors, sa requête n'est pas recevable et ne peut, en conséquence, qu'être rejetée. ORDONNE : Article 1er : La requête de Mme A est rejetée. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A. Fait à Paris, le 2 septembre 2025 Signé : N. Boulouis La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je ne joins pas la décision attaquée à ma requête ?
Votre requête est irrecevable. Vous serez invité à la régulariser en produisant la décision dans un délai imparti. Si vous ne le faites pas, elle sera rejetée.
Puis-je régulariser ma requête après le délai imparti ?
Non, si le délai est expiré et que vous n'avez pas régularisé, la requête peut être rejetée comme irrecevable.
Quel est le délai pour régulariser une requête ?
Le délai est fixé par la demande de régularisation, qui ne peut être inférieur à quinze jours. En général, il est d'un mois.
Qu'est-ce qu'une requête manifestement irrecevable ?
C'est une requête qui ne remplit pas les conditions de recevabilité évidentes, comme l'absence de production de l'acte attaqué, et qui peut être rejetée par ordonnance sans audience.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.