Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 2ème chambre, 11 février 2026, n° 503861

R.822-5-2 Rejet PAPC Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de la cour administrative d'appel rejetant l'appel d'une association contre un jugement rejetant sa demande d'annulation d'un permis de construire est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Lorsque le pourvoi est dirigé contre une décision rendue en appel, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre s'il est manifestement dépourvu de fondement.

Faits clés

  • L'association pour la défense des habitants de Roquevaire (ADHR) a demandé l'annulation d'un permis de construire délivré par le maire de Roquevaire pour la création d'un groupe scolaire.
  • Le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande par ordonnance du 16 septembre 2024.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l'appel de l'ADHR par ordonnance du 28 février 2025.
  • L'ADHR a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État contre cette ordonnance.
  • Le Conseil d'État a constaté que les moyens soulevés par l'ADHR n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article R.822-5 du code de justice administrative article R.822-5-1 du code de justice administrative article L.761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’association pour la défense des habitants de Roquevaire (ADHR) a demandé au tribunal administratif de Marseille d’annuler l’arrêté du 10 novembre 2023 par lequel le maire de Roquevaire a délivré à la commune de Roquevaire un permis de construire portant sur la création d’un groupe scolaire ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux du 10 janvier 2024. Par une ordonnance n°2403017 du 16 septembre 2024, la présidente de la 2ème chambre du tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 24MA02804 du 28 février 2025, la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l’appel formé par l’ADHR contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 avril et 25 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, l’ADHR demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de la commune de Roquevaire la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par une lettre du 23 septembre 2025, notifiée le 24 septembre 2025, l’avocat de l’ADHR a été informé en vertu de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative de ce que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « Lorsque le pourvoi est dirigé contre une décision rendue en appel, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre s'il est manifestement dépourvu de fondement ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, l’ADHR soutient que le président de la 1ère chambre de la cour administrative d’appel de Marseille : - a commis une erreur de droit, en retenant que la requête de première instance de l’ADHR était irrecevable faute pour le président de l’association de bénéficier d’une habilitation de la part du conseil d’administration l’autorisant à demander l’annulation du permis de construire, tandis que, ni en première instance ni en appel, l’ADHR n’avait été invitée à régulariser sa requête en produisant une telle habilitation et que la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Roquevaire en première instance ne lui avait pas été communiquée ; - a commis une erreur de droit en retenant, que la requête de première instance était tardive, sans rechercher si le panneau d’affichage du permis de construire en litige avait fait l’objet d’un affichage continu pendant deux mois. 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de l’ADHR n’est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à l’association pour la défense des habitants de Roquevaire. Copie en sera adressée à la commune de Roquevaire. Fait à Paris, le 11 février 2026 A. Seban La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Quel est le délai pour contester un permis de construire ?
Le délai de recours contentieux contre un permis de construire est de deux mois à compter de l'affichage sur le terrain du permis. L'affichage doit être continu pendant deux mois.
Une association peut-elle demander l'annulation d'un permis de construire ?
Oui, une association peut agir si elle a un intérêt à agir, par exemple si elle a pour objet la défense des habitants et que le projet affecte l'environnement ou le cadre de vie. Elle doit justifier d'une habilitation de son conseil d'administration si ses statuts l'exigent.
Que se passe-t-il si ma requête est jugée irrecevable ?
Si votre requête est irrecevable, le juge peut la rejeter sans examiner le fond. Vous pouvez régulariser votre requête si la fin de non-recevoir est susceptible d'être couverte, mais le juge doit vous inviter à régulariser.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Devant le Conseil d'État, les pourvois en cassation sont soumis à une procédure d'admission. Le pourvoi est admis s'il est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Sinon, il est rejeté par une ordonnance.
Comment prouver l'affichage d'un permis de construire ?
L'affichage du permis de construire sur le terrain est constaté par un certificat d'affichage ou par tout moyen. Le juge vérifie si l'affichage a été continu pendant deux mois pour déterminer le point de départ du délai de recours.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.