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Conseil d'État, 6ème chambre, 2 décembre 2025, n° 504241

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Un pourvoi en cassation formé sans le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est-il recevable lorsque la notification de la décision attaquée mentionnait cette obligation ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit, sauf exceptions, être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Si le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat et que la notification de la décision attaquée mentionnait cette obligation, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre, sans demande de régularisation préalable.

Faits clés

  • M. B... a demandé l'annulation d'une décision de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France.
  • Le tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande par une ordonnance du 28 mars 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, enregistré le 12 mai 2025.
  • Le pourvoi n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
  • La notification de l'ordonnance attaquée mentionnait l'obligation de ministère d'avocat.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article R.822-5 du code de justice administrative article R.821-3 du code de justice administrative article R.612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Nantes, d’une part, d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 18 septembre 2024 par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 31 juillet 2024 de l’autorité consulaire française à Annaba (Algérie) qui a rejeté sa demande de visa de court séjour et refusé de lui délivrer le visa sollicité et, d’autre part, d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer sa situation. Par une ordonnance n° 2416669 du 28 mars 2025, la présidente de la dixième chambre du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande. Par un pourvoi, enregistré au secrétariat du contentieux du Conseil d’État le 12 mai 2025, M. B... doit être regardé comme demandant au Conseil d’État : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à sa demande. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes du troisième alinéa de l’article R. 822-5 du même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d’avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l’admettre ». Selon l’article R. 821-3 : « Le ministère d’un avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation est obligatoire pour l’introduction, devant le Conseil d’État, des recours en cassation, à l’exception de ceux dirigés contre les décisions de la commission centrale d’aide sociale et des juridictions de pension ». Enfin, en vertu du deuxième alinéa de l’article R. 612-1, le juge de cassation peut rejeter, sans demande de régularisation préalable, les conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu’elle a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée. 2. Le pourvoi de M. B..., qui n’est pas au nombre de ceux que l’article R. 821-3 du code de justice administrative dispense de l’obligation de ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation alors que la notification de l’ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Par suite, ce pourvoi n’est pas recevable et ne peut, dès lors, être admis. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Fait à Paris, le 2 décembre 2025 Signé : Mme D... C... La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Marie-Adeline Allain

Questions fréquentes

Puis-je former un pourvoi en cassation sans avocat ?
Non, sauf exceptions prévues par l'article R.821-3 du code de justice administrative (notamment pour les décisions de la commission centrale d'aide sociale et des juridictions de pension).
Que se passe-t-il si mon pourvoi en cassation n'est pas présenté par un avocat ?
Le pourvoi est irrecevable et peut être rejeté par ordonnance du président de la chambre, sans demande de régularisation préalable, si la notification de la décision attaquée mentionnait cette obligation.
Quelles sont les conditions de recevabilité d'un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, sauf exceptions, et doit être fondé sur un moyen sérieux.
Comment régulariser un pourvoi en cassation irrecevable pour défaut d'avocat ?
Si la notification de la décision attaquée mentionnait l'obligation de ministère d'avocat, aucune régularisation n'est possible ; le pourvoi est rejeté. Sinon, une demande de régularisation peut être adressée.

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