Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 1ère chambre, 16 septembre 2025, n° 504461

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:504461.20250916

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de non-lieu à statuer est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre, sans instruction contradictoire ni audience publique.

Faits clés

  • La SCI La Colline a demandé l'annulation d'un arrêté de sursis à statuer sur un permis de construire.
  • La cour administrative d'appel de Lyon a jugé n'y avoir lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation.
  • La SCI La Colline s'est pourvue en cassation contre cette ordonnance.
  • Le pourvoi a été rejeté par ordonnance du Conseil d'État pour absence de moyen sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 222-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société civile immobilière La Colline a demandé au tribunal administratif de Grenoble, qui a transmis sa demande par une ordonnance du 7 décembre 2023 du président de ce tribunal à la cour administrative d'appel de Lyon, d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 7 juillet 2021 par lequel la maire de Ville-la-Grand (Haute-Savoie) a opposé un sursis à statuer à sa demande de permis de construire un ensemble commercial et d'enjoindre à la maire de Ville-la-Grand de lui délivrer un certificat de permis de construire tacite dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir. Par une ordonnance n° 23LY03750 du 17 mars 2025, la présidente de la 5ème chambre de la cour administrative d'appel de Lyon a jugé n'y avoir lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 16 mai et 21 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société La Colline, représentée par la SCP Spinosi, demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa requête ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Ville-la-Grand la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par un courrier du 21 août 2025, mis à sa disposition le même jour par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1 du code de justice administrative et réputé notifié, à défaut de consultation, à l'issue d'un délai de deux jours ouvrés en vertu de l'article R. 611-8-6 de ce code, l'avocat de la société La Colline a été informé, en application des dispositions de l'article R. 822-5-1 du code de justice administrative, que la décision du Conseil d'Etat était susceptible d'être prise en application de l'article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l'urbanisme ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". 2. Aux termes des cinquième et septième alinéas de l'article R. 822-5 de ce code : " Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : () 2° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application de l'article R. 222-1 () ". Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 3. Pour demander l'annulation de l'ordonnance qu'elle attaque, la société La Colline soutient que : - cette ordonnance est irrégulière faute de viser le mémoire par lequel elle a confirmé, en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, maintenir ses conclusions ; - la présidente de la 5ème chambre de la cour administrative d'appel a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'annulation au motif que la maire de Ville-la-Grand lui avait délivré un certificat de permis de construire tacite. 4. Il est manifeste qu'aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi. O R D O N N E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société La Colline n'est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière La Colline. Copie en sera adressée à la commune de Ville-la-Grand. Fait à Paris, le 16 septembre 2025 La présidente : Gaëlle Dumortier La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation : Hervé Herber

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, afin de faire contrôler la légalité de cette décision.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne comporte aucun moyen sérieux.
Que signifie 'moyen sérieux' ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à justifier la cassation de la décision attaquée.
Peut-on contester une ordonnance de non-lieu à statuer ?
Oui, une ordonnance de non-lieu à statuer peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation, mais le pourvoi doit être admis par le Conseil d'État.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.