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Conseil d'État, 5ème chambre, 1 octobre 2025, n° 504522

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre un arrêt de cour administrative d'appel confirmant un arrêté de péril imminent est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Lorsque le pourvoi est dirigé contre une décision rendue en appel, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre s'il est manifestement dépourvu de fondement.

Faits clés

  • La société Saint-Mathieu est propriétaire d'un immeuble situé 7 rue Saint-Mathieu à Perpignan.
  • Le maire de Perpignan a pris un arrêté de péril imminent le 22 décembre 2020, mettant en demeure la société de prendre des mesures.
  • Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté la demande d'annulation de la société par jugement du 3 juillet 2023.
  • La cour administrative d'appel de Toulouse a rejeté l'appel de la société par arrêt du 18 mars 2025.
  • La société a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, soutenant trois moyens.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société Saint-Mathieu a demandé au tribunal administratif de Montpellier d’annuler l’arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de la commune de Perpignan l’a mise en demeure de prendre diverses mesures pour mettre fin à l’état de péril imminent que fait courir l’immeuble lui appartenant situé 7 rue Saint-Mathieu à Perpignan. Par un jugement n°s 2100855, 2105125 du 3 juillet 2023, le tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un arrêt n° 23TL02263 du 18 mars 2025, la cour administrative d’appel de Toulouse a rejeté l’appel formé par la société Saint-Mathieu contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 19 mai et 19 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Saint-Mathieu demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cet arrêt ; 3°) de mettre à la charge de la commune de Perpignan la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat de la société requérante été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la construction et de l’habitation ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes du quatrième alinéa de l’article R. 822-5 du même code : « Lorsque le pourvoi est dirigé contre une décision rendue en appel, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre s'il est manifestement dépourvu de fondement ». 2. Pour demander l’annulation de l’arrêt de la cour administrative d’appel de Toulouse qu’elle attaque, la société Saint-Mathieu soutient qu’il est entaché : - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il juge qu’elle doit être regardée comme ayant reçu la notification de l’arrêté de péril imminent ; - d’erreur de qualification des faits et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il retient que les travaux prescrits par l’arrêté ne concernent que les parties communes de l’immeuble ; - d’erreur de droit et d’insuffisance de motivation en ce qu’il écarte le moyen tiré de ce que l’arrêté n’a pas été précédé d’une procédure contradictoire. 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de la société Saint-Mathieu n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Saint-Mathieu. Copie en sera adressée à la commune de Perpignan. Fait à Paris, le 1er octobre 2025 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Que faire si je reçois un arrêté de péril imminent ?
Vous devez vous conformer aux mesures prescrites par l'arrêté, sous peine de sanctions. Vous pouvez contester l'arrêté devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant sa notification.
Comment contester un arrêté de péril ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif. En cas de rejet, vous pouvez faire appel devant la cour administrative d'appel, puis un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à remettre en cause la décision attaquée. S'il est manifestement infondé, le pourvoi n'est pas admis.
Puis-je être contraint de faire des travaux sur mon immeuble ?
Oui, si votre immeuble présente un péril imminent, le maire peut vous mettre en demeure de réaliser des travaux pour assurer la sécurité. En cas de carence, la commune peut les faire exécuter d'office à vos frais.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification de la décision de la cour administrative d'appel. Passé ce délai, le pourvoi est irrecevable.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
La décision de non-admission est définitive. Vous ne pouvez plus contester la décision de la cour administrative d'appel. Vous devez alors exécuter la décision.

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