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Conseil d'État, 6ème chambre, 13 octobre 2025, n° 504881

R. 122-12-4 Rejet irrecevabilité manifeste Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Une requête qui ne contient pas l'exposé de moyens assortis des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé est-elle recevable ?

Principe retenu

Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, la requête doit contenir l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. Une requête qui ne comporte pas de moyens assortis des précisions nécessaires pour permettre d'en apprécier le bien-fondé est manifestement irrecevable et peut être rejetée par ordonnance en application de l'article R. 122-12 du même code.

Faits clés

  • M. A... a saisi le Conseil d'État d'une requête tendant à la condamnation de l'ordre des avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation et de la SCP Le Guerer, Bouniol-Brochier, Lassalle-Byhet pour responsabilité civile.
  • La requête fait suite au refus du premier syndic de l'ordre des avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation, en date du 2 juin 2025, de désigner un membre de l'ordre pour saisir le Conseil d'État d'une requête.
  • M. A... demande également qu'il soit enjoint à l'ordre de lui désigner d'office un nouvel avocat.
  • La requête comporte un rappel de procédures passées mais n'est pas assortie de moyens précis.
  • L'ordre des avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation n'a pas produit de mémoire en défense.

Articles cités

article R. 122-12 du code de justice administrative article R. 411-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête, un mémoire complémentaire et trois nouveaux mémoires enregistrés les 2 et 3 juin ainsi que le 17 juin, 31 août, 17 septembre et 19 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... A... doit être regardé comme demandant au Conseil d'Etat 1°) de condamner l’ordre des avocats au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation et de la SCP Le Guerer, Bouniol-Brochier, Lassalle-Byhet au titre de leur responsabilité civile à la suite de la décision du 2 juin 2025 par laquelle le premier syndic de l'ordre des avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation a refusé de faire droit à sa demande tendant à la désignation d'un membre de l'ordre en vue de saisir le Conseil d'Etat d'une requête ; 2°) d’enjoindre à l’ordre des avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation de lui désigner d’office un nouvel avocat. La requête a été communiquée à l’ordre des avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, qui n’a pas produit de mémoire. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article R. 122-12 du code de justice administrative : « (…) les présidents de chambre peuvent, par ordonnance (…) : 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». Aux termes de l’article R. 411-1 du même code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ». Si la requête de M. A... comporte un rappel de procédures passées, elle n’est pas assortie de moyens assortis des précisions nécessaires pour permettre d’en apprécier le bien-fondé. Il en résulte que cette requête n’est pas recevable et ne peut, par suite, qu’être rejetée. ORDONNE : -------------- Article 1er : La requête de M. A... est rejetée. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A... et à l’ordre des avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation. Fait à Paris, le 13 octobre 2025 Signé : Mme D... C... La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Marie-Adeline Allain

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si ma requête ne contient pas de moyens ?
La requête est irrecevable et peut être rejetée par ordonnance, sans invitation à régulariser, si elle est manifestement irrecevable.
Quels sont les éléments obligatoires d'une requête devant le Conseil d'État ?
La requête doit indiquer les nom et domicile des parties, contenir l'exposé des faits et moyens, et énoncer les conclusions soumises au juge.
Puis-je demander au Conseil d'État de désigner un avocat d'office ?
La désignation d'office d'un avocat relève de l'ordre des avocats, et le refus peut être contesté, mais la requête doit être recevable.
Qu'est-ce qu'une requête manifestement irrecevable ?
C'est une requête qui ne remplit pas les conditions de forme ou de fond évidentes, comme l'absence de moyens, et qui peut être rejetée sans instruction.
Puis-je régulariser ma requête après l'expiration du délai de recours ?
Non, la régularisation n'est possible que jusqu'à l'expiration du délai de recours, sauf si la juridiction vous a invité à régulariser.

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