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Conseil d'État, 2ème chambre, 2 septembre 2025, n° 505496

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:505496.20250902

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance du juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative est-il soumis à l'obligation de ministère d'avocat ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est soumis à l'obligation de ministère d'avocat, sauf exception prévue par la loi. Aucun texte ne dispense de cette obligation les pourvois dirigés contre les ordonnances rendues par le juge des référés sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. En l'absence de ministère d'avocat, le pourvoi est irrecevable et ne peut être admis.

Faits clés

  • M. A B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Mayotte de suspendre l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français prise par le préfet de Mayotte le 11 mai 2025.
  • Le juge des référés a rejeté sa requête par une ordonnance du 12 juin 2025.
  • M. A B a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, sans ministère d'avocat.
  • La notification de l'ordonnance attaquée mentionnait l'obligation de ministère d'avocat.
  • Le pourvoi a été enregistré au Conseil d'État le 25 juin 2025.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 523-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 821-3 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. C A B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Mayotte, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 11 mai 2025 par lequel le préfet de Mayotte l'a obligé à quitter le territoire français. Par une ordonnance n° 2500863 du 12 juin 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Mayotte a rejeté sa requête. Par un pourvoi, enregistré le 25 juin 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A B demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de Mayotte du 11 mai 2025 en tant qu'elle lui interdit le retour sur le territoire français et de rendre son ordonnance exécutoire aussitôt qu'elle aura été rendue en application des dispositions de l'article R. 522-13 du code de justice administrative ; 3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l'article L. 523-1 du code de justice administrative : " Les décisions rendues en application des articles L. 521-1, L. 521-3, L. 521-4 et L. 522-3 sont rendues en dernier ressort ". Aux termes de l'article L. 822-1 du même code : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". 2. Aux termes de l'article R. 822-5 du code de justice administrative : " Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat (), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre ". Selon l'article R. 821-3 : " Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ". En vertu du deuxième alinéa de l'article R. 612-1, les conclusions présentées en méconnaissance de cette obligation, lorsqu'elle a été mentionnée dans la notification de l'ordonnance attaquée, peuvent être rejetées sans demande de régularisation préalable. 3. Le pourvoi de M. A B tend à l'annulation d'une ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Mayotte, statuant sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Aucun texte ne dispense un tel pourvoi qui, en vertu de l'article L. 523-1 du même code, présente le caractère d'un pourvoi en cassation, de l'obligation de ministère d'avocat. Or, le pourvoi de M. A B n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, alors que la notification de l'ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Dès lors, son pourvoi n'est pas recevable et, par suite, il ne peut être admis. ORDONNE : Article 1er : Le pourvoi de M. A B n'est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B. Fait à Paris, le 2 septembre 2025 Signé : N. Boulouis La République mande et ordonne au ministre d'Etat, de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation

Questions fréquentes

Dois-je obligatoirement prendre un avocat pour un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Oui, en principe, le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction des recours en cassation, sauf exceptions prévues par la loi.
Que se passe-t-il si je forme un pourvoi sans avocat ?
Le pourvoi est irrecevable et ne peut être admis. Il peut être rejeté sans demande de régularisation préalable si la notification de la décision attaquée mentionnait l'obligation de ministère d'avocat.
Le ministère d'avocat est-il obligatoire pour un pourvoi contre une ordonnance de référé ?
Oui, car une telle ordonnance est rendue en dernier ressort et le pourvoi est un pourvoi en cassation, soumis à l'obligation de ministère d'avocat.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai de recours est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision, sauf dispositions particulières.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois ?
C'est une procédure préalable par laquelle le Conseil d'État examine si le pourvoi est recevable et fondé sur un moyen sérieux. Si ce n'est pas le cas, il n'est pas admis.

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