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Conseil d'État, 9ème chambre, 26 décembre 2025, n° 505843

R. 122-12-4 Rejet irrecevabilité manifeste Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le recours en rectification d'erreur matérielle introduit sans le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est-il recevable ?

Principe retenu

Le recours en rectification d'erreur matérielle doit être présenté dans les mêmes formes que la requête initiale, ce qui implique, pour les recours devant le Conseil d'Etat, le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation. À défaut de régularisation après invitation, le recours est irrecevable.

Faits clés

  • M. B... a formé un recours en rectification contre une ordonnance du 25 février 2025 du Conseil d'Etat.
  • Le recours a été enregistré le 5 juillet 2025.
  • M. B... a été invité à régulariser son recours par lettre du 21 juillet 2025.
  • Le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté sa demande d'aide juridictionnelle le 28 juillet 2025.
  • M. B... n'a pas produit de ministère d'avocat dans le délai imparti.

Articles cités

article R. 122-12 du code de justice administrative article R. 833-1 du code de justice administrative article R. 821-3 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par un recours, enregistré le 5 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... B... demande au Conseil d’Etat de rectifier l’ordonnance n° 498723 du 25 février 2025 par laquelle la présidente de la 1ère chambre de la section du contentieux du Conseil d’Etat n’a pas admis son pourvoi tendant à l’annulation de l’ordonnance n° 2428998 du 4 novembre 2024 du juge des référés du tribunal administratif de Paris. Par une lettre du 21 juillet 2025, notifiée le 22 juillet 2025, M. B... a été invité à régulariser son recours dans le délai d’un mois. Par une décision du 28 juillet 2025, notifiée le 11 août 2025, le bureau d’aide juridictionnelle près le Conseil d’Etat a rejeté la demande d’aide juridictionnelle de M. B.... Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article R. 122-12 du code de justice administrative : « (…) les présidents de chambre (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». 2. Aux termes de l’article R. 833-1 du code de justice administrative : « Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. / Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale. Il doit être introduit dans un délai de deux mois qui court du jour de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée ». Aux termes de l’article R. 821-3 du même code : « Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ». Selon l’article R. 612-1 de ce code : « Lorsque des conclusions sont entachées d’une irrecevabilité susceptible d’être couverte après l’expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d’office cette irrecevabilité qu’après avoir invité leur auteur à les régulariser (…). La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7 ». 3. Le recours présenté par M. B..., qui tend à la rectification de l’ordonnance n° 498723 du 25 février 2025 de la présidente de la 1ère chambre de la section du contentieux du Conseil d’Etat, n’a pas été présenté par le ministère d’un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation malgré la demande de régularisation qui lui a été notifiée. Par suite, son recours n’est pas recevable et ne peut qu’être rejeté. ORDONNE : ---------------- Article 1er : Le recours de M. B... est rejeté. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Fait à Paris, le 26 décembre 2025 La présidente : Anne Egerszegi La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un recours en rectification d'erreur matérielle ?
C'est une procédure permettant de corriger une erreur matérielle dans une décision de justice, qui a pu influencer le jugement de l'affaire.
Faut-il un avocat pour former un recours en rectification devant le Conseil d'Etat ?
Oui, le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire, sauf exceptions prévues par la loi.
Quel est le délai pour former un recours en rectification ?
Le délai est de deux mois à compter de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée.
Que se passe-t-il si je ne régularise pas mon recours ?
Si vous ne régularisez pas dans le délai imparti, votre recours sera rejeté comme irrecevable.
Puis-je bénéficier de l'aide juridictionnelle pour un recours en rectification ?
Oui, vous pouvez demander l'aide juridictionnelle, mais son refus ne dispense pas de l'obligation de constituer un avocat.

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