Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 5ème chambre, 29 octobre 2025, n° 506337

R.822-5-3 Rejet PAPC référé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'une mise en demeure de quitter un logement est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V du code de justice administrative peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre.

Faits clés

  • Mme B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille la suspension de l'arrêté du 26 mai 2025 par lequel la sous-préfète d'Arles l'a mise en demeure de quitter son logement.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 4 juillet 2025 sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
  • Mme B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • Elle soutenait que l'ordonnance était entachée d'insuffisance de motivation et d'erreur de droit concernant l'application de l'article 38 de la loi du 5 mars 2007 et le défaut de prise en considération de sa situation personnelle et familiale.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article 38 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 26 mai 2025 par lequel la sous-préfète d’Arles l’a mise en demeure de quitter le logement qu’elle occupe. Par une ordonnance n° 2507529 du 4 juillet 2025, prise sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 17 juillet et 1er août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; °) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat de la requérante a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 ; - la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « (…) Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V (…) ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Marseille qu’il attaque, Mme B... soutient qu’elle est entachée : - d’insuffisance de motivation et d’erreur de droit en ce qu’elle juge que le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 38 de la loi du 5 mars 2007 n’est de pas de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté, dès lors qu’elle ne s’est ni introduite ni maintenue dans les lieux au prix de manœuvres, menaces, voies de fait ou contrainte ; - d’insuffisance de motivation et d’erreur de droit en ce qu’elle juge que le moyen tiré du défaut de prise en considération de sa situation personnelle et familiale n’est pas de nature à faire naitre un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté. 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de Mme B... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Fait à Paris, le 29 octobre 2025 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Puis-je contester une mise en demeure de quitter mon logement ?
Oui, vous pouvez demander au juge des référés la suspension de cette décision si vous estimez qu'elle est illégale et qu'il y a urgence.
Comment demander la suspension d'une décision administrative ?
Vous devez saisir le juge des référés du tribunal administratif sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en démontrant l'urgence et l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Quels sont les recours contre une ordonnance de référé ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais ce pourvoi est soumis à une procédure d'admission : il doit être fondé sur un moyen sérieux.
Le Conseil d'État examine-t-il tous les pourvois ?
Non, le Conseil d'État n'admet que les pourvois qui soulèvent un moyen sérieux. Les pourvois manifestement infondés sont rejetés par une procédure simplifiée.
Ma situation personnelle peut-elle être prise en compte ?
Oui, le juge doit vérifier si la décision contestée prend en compte votre situation personnelle et familiale, mais cela ne suffit pas toujours à créer un doute sérieux sur sa légalité.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.