Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 2ème chambre, 24 février 2026, n° 506597

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé liberté rejetant une demande de délivrance de passeport est-il irrecevable s'il n'est pas présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, malgré une demande de régularisation restée sans effet ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit, en principe, être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, sauf exceptions légales. Lorsque le pourvoi est entaché d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte, le requérant est invité à régulariser. À défaut de régularisation dans le délai imparti, le pourvoi est irrecevable et ne peut être admis.

Faits clés

  • Mme D... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'enjoindre au préfet de délivrer un passeport français à sa fille mineure.
  • La juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 18 juillet 2025.
  • Mme D... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, sans ministère d'avocat.
  • Elle a été invitée à régulariser son pourvoi par lettre du 6 août 2025, avec un délai d'un mois.
  • Elle n'a pas régularisé son pourvoi dans le délai imparti.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 523-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 821-3 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... D... a demandé à la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer un passeport français à sa fille mineure C... B..., dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de lui enjoindre de lui délivrer un passeport provisoire ou un laisser passer, enfin, à titre infiniment subsidiaire, de lui enjoindre de se prononcer sur sa demande de renouvellement de passeport, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte. Par une ordonnance n° 2512830 du 18 juillet 2025, la juge des référés a rejeté sa demande par application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Par un pourvoi, enregistré le 24 juillet 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme D... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Par une lettre du 6 août 2025, notifiée le même jour, Mme D... a été invitée à régulariser son pourvoi dans un délai d’un mois à compter de la réception de cette lettre. Par une décision du 14 août 2025, notifiée le 10 septembre 2025, le président du bureau d’aide juridictionnelle a rejeté la demande d’aide juridictionnelle de Mme D.... Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 523-1 du code de justice administrative : « Les décisions rendues en application des articles L. 521-1, L. 521-3, L. 521-4 et L. 522-3 sont rendues en dernier ressort ». Aux termes de l’article L. 822-1 du même code : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Aux termes de l’article R. 822-5 du code de justice administrative : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d’avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l’admettre ». Selon l’article R. 821-3 de ce code : « Le ministère d’un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l’introduction, devant le Conseil d’Etat, des recours en cassation, à l’exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ». En vertu de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. (...) La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ». 3. Le pourvoi de Mme D... tend à l’annulation d’une ordonnance rendue par la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative et par application de l’article L. 522-3 du même code. Aucun texte ne dispense un tel pourvoi qui, en vertu de l’article L. 523-1 du même code, présente le caractère d’un pourvoi en cassation, de l’obligation de ministère d’avocat. Or, le pourvoi de Mme D... n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, en dépit de la demande de régularisation dans un délai d’un mois qui lui a été adressée par lettre du 6 août 2025, notifiée le même jour. Dès lors, son pourvoi n’est pas recevable et, par suite, il ne peut être admis. ORDONNE : Article 1er : Le pourvoi de Mme D... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... D.... Fait à Paris, le 24 février 2026 A. Seban La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation

Questions fréquentes

Dois-je obligatoirement prendre un avocat pour un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
Oui, en principe, le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour les pourvois en cassation, sauf exceptions prévues par la loi.
Que se passe-t-il si je ne régularise pas mon pourvoi après une demande de régularisation ?
Si vous ne régularisez pas votre pourvoi dans le délai imparti, il sera déclaré irrecevable et ne sera pas admis.
Puis-je me passer d'avocat pour un pourvoi contre une ordonnance de référé ?
Non, car les ordonnances rendues en référé sont rendues en dernier ressort et le pourvoi en cassation est soumis à l'obligation de ministère d'avocat.
Quel est le délai pour régulariser un pourvoi en cassation ?
Le délai est fixé par la demande de régularisation, qui ne peut être inférieur à quinze jours, sauf urgence. En l'espèce, un délai d'un mois a été accordé.
Quelles sont les conséquences d'un pourvoi irrecevable ?
Le pourvoi est rejeté sans examen au fond, et la décision attaquée devient définitive.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.