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Conseil d'État, 5ème chambre, 18 septembre 2025, n° 507155

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z ECLI : ECLI:FR:CECHS:2025:507155.20250918

Synthèse de la décision

Question juridique

Un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État est-il recevable lorsqu'il n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, alors que cette obligation était mentionnée dans la notification de la décision attaquée ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit, sauf exception, être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Si cette obligation est mentionnée dans la notification de la décision attaquée, le pourvoi peut être rejeté sans demande de régularisation préalable. En l'espèce, les pourvois n'ayant pas été présentés par un avocat, ils sont irrecevables et ne peuvent être admis.

Faits clés

  • La société Loc Bollene a formé six pourvois en cassation contre des ordonnances du tribunal du stationnement payant rejetant ses requêtes comme portées devant une juridiction incompétente.
  • Les pourvois ont été enregistrés au Conseil d'État les 11 août 2025 et suivants.
  • Les pourvois n'ont pas été présentés par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
  • Les notifications des ordonnances attaquées mentionnaient l'obligation de ministère d'avocat.
  • Le Conseil d'État a joint les pourvois et les a rejetés comme irrecevables.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article R.822-5 du code de justice administrative article R.821-3 du code de justice administrative article R.612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu les procédures suivantes : 1° La société Loc Bollene a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée par le titre exécutoire émis le 29 juillet 2024 en vue du recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Par une ordonnance n° 24180907 du 7 mai 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant a rejeté sa requête comme portée devant une juridiction incompétence pour en connaitre. Sous le numéro 507155, par un pourvoi, enregistré le 11 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Loc Bollene demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa requête. 2° La société Loc Bollene a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée par le titre exécutoire émis le 29 juillet 2024 en vue du recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Par une ordonnance n° 24180961 du 7 mai 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant a rejeté sa requête comme portée devant une juridiction incompétence pour en connaitre. Sous le numéro 507161, par un pourvoi, enregistré le 11 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Loc Bollene demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa requête. 3° La société Loc Bollene a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée par le titre exécutoire émis le 29 juillet 2024 en vue du recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Par une ordonnance n° 24180988 du 16 mai 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant a rejeté sa requête comme portée devant une juridiction incompétence pour en connaitre. Sous le numéro 507165, par un pourvoi, enregistré le 11 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Loc Bollene demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa requête. 4° La société Loc Bollene a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée par le titre exécutoire émis le 29 juillet 2024 en vue du recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Par une ordonnance n° 24186094 du 2 juin 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant a rejeté sa requête comme portée devant une juridiction incompétence pour en connaitre. Sous le numéro 507171, par un pourvoi, enregistré le 11 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Loc Bollene demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa requête. 5° La société Loc Bollene a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée par le titre exécutoire émis le 29 juillet 2024 en vue du recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Par une ordonnance n° 24185946 du 2 juin 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant a rejeté sa requête comme portée devant une juridiction incompétence pour en connaitre. Sous le numéro 507178, par un pourvoi, enregistré le 11 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Loc Bollene demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa requête. 6° La société Loc Bollene a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l'obligation de payer la somme réclamée par le titre exécutoire émis le 29 juillet 2024 en vue du recouvrement d'une amende forfaitaire majorée. Par une ordonnance n° 24186132 du 2 juin 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant a rejeté sa requête comme portée devant une juridiction incompétence pour en connaitre. Sous le numéro 507181, par un pourvoi, enregistré le 11 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Loc Bollene demande au Conseil d'Etat : 1°) d'annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à sa requête. Vu les autres pièces des dossiers ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Les pourvois visés ci-dessus présentent à juger les mêmes questions. Dès lors, il y a lieu de les joindre pour y statuer par une seule décision. 2. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 du même code : " Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat (), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre ". Selon l'article R. 821-3 de ce code : " Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ". Enfin, en vertu du deuxième alinéa de l'article R. 612-1 du même code, le Conseil d'Etat, juge de cassation, peut rejeter, sans demande de régularisation préalable, un pourvoi qui n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque l'obligation de représentation a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée. 3. Les pourvois de la société Loc Bollene, qui ne sont pas au nombre de ceux que l'article R. 821-3 du code de justice administrative dispense de l'obligation de ministère d'avocat, n'ont pas été présentés par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, alors que la notification des ordonnances attaquées faisait mention de cette obligation. Par suite, ils ne sont pas recevables et ne peuvent, dès lors, être admis. O R D O N N E : Article 1er : Les pourvois de la société Loc Bollene ne sont pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Loc Bollene. Fait à Paris, le 18 septembre 2025 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme ; Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras N°s 507155, 507161, 507165, 507171, 507178, 507181 1

Questions fréquentes

Puis-je former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État sans avocat ?
Non, sauf exceptions prévues par l'article R.821-3 du code de justice administrative (par exemple, les décisions des juridictions de pension). Pour les autres cas, le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas présenté par un avocat ?
Si l'obligation de représentation a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée, le pourvoi peut être rejeté sans demande de régularisation préalable, comme irrecevable.
Quel est le délai pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai de recours en cassation est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée, sauf dispositions contraires.
Comment contester une amende de stationnement ?
La contestation d'une amende de stationnement relève du tribunal du stationnement payant. En cas de rejet, un pourvoi en cassation peut être formé devant le Conseil d'État, mais avec l'assistance d'un avocat au Conseil d'État.

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