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Conseil d'État, Juge des référés, 1 juillet 2026, n° 507212

R.822-5-3 Rejet PAPC référé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi formé contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'une décision de placement en quartier de lutte contre la criminalité organisée présente-t-il un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

En application de l'article L. 822-1 du code de justice administrative, l'admission d'un pourvoi en cassation est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Lorsque le pourvoi est dirigé contre une ordonnance rendue en référé, le président de la chambre peut décider de ne pas l'admettre s'il est manifestement dépourvu de fondement. En l'espèce, les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'erreur de droit et de la dénaturation, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a été placé en quartier de lutte contre la criminalité organisée au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil par décision du 21 juillet 2025.
  • Il a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris de suspendre cette décision sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 28 juillet 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance, soutenant une erreur de droit sur la condition d'urgence et une dénaturation des pièces.
  • Le Conseil d'État a constaté que les moyens n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 21 juillet 2025 par laquelle le ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la Justice a décidé de le placer dans le quartier de lutte contre la criminalité organisée du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil. Par une ordonnance n° 2521388 du 28 juillet 2025, ce juge des référés a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 et 27 août 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de renvoyer l’affaire au juge des référés du tribunal administratif de Paris ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros, à verser à la SCP Célice-Texidor-Périer, son avocat, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par application de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat du requérant a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; - le code pénitentiaire ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « Lorsqu’ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) / 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 3. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Paris l’a entachée : - d’erreur de droit en ne regardant pas comme présumée remplie la condition d’urgence prévue par l’article L. 521-1 du code de justice administrative, malgré les conséquences de la décision de placement en quartier de lutte contre la criminalité organisée, en particulier sur le maintien des liens familiaux ; - de dénaturation des pièces du dossier et d’insuffisance de motivation en estimant que la condition d’urgence n’était pas remplie. 4. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. ORDONNE : Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au garde des sceaux, ministre de la Justice. Fait à Paris, le 1er juillet 2026 Le président : Bertrand Dacosta La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la Justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, visant à faire contrôler la légalité de cette décision par le Conseil d'État.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. À défaut, il peut être refusé par une ordonnance motivée.
Le juge des référés doit-il présumer l'urgence en cas de placement en QLCO ?
Non, l'urgence doit être appréciée au cas par cas, en fonction des circonstances et des conséquences de la décision.
Puis-je contester une décision de placement en QLCO ?
Oui, vous pouvez demander son annulation ou sa suspension en référé, puis former un pourvoi en cassation si nécessaire.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
La décision attaquée devient définitive. Vous ne pouvez plus la contester.

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