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Conseil d'État, 3ème chambre, 13 octobre 2025, n° 507461

R.822-5-3 Rejet PAPC référé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension ordonnant le réexamen de la situation d'un agent au titre d'un accident de service est-il fondé ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension est soumis à une procédure d'admission. Il est refusé si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux. En l'espèce, les moyens soulevés par la commune, tirés d'une insuffisance de motivation et d'une erreur de droit dans la qualification d'accident de service, ont été jugés manifestement non fondés.

Faits clés

  • Mme B... a déclaré un accident le 17 juin 2024.
  • Le maire de Lorient a refusé de reconnaître l'imputabilité au service et a placé l'agent en congé de maladie ordinaire.
  • Le juge des référés a suspendu ces arrêtés et enjoint au maire de réexaminer la situation.
  • La commune de Lorient a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Le Conseil d'État a constaté que les moyens du pourvoi étaient manifestement non fondés.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article L. 822-18 du code général de la fonction publique

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de Rennes de suspendre l’exécution de deux arrêtés du 2 juillet 2025 par lesquels le maire de Lorient a, d’une part, refusé de reconnaître l’imputabilité au service de l’accident qu’elle a déclaré le 17 juin 2024 et l’a, d’autre part, placée en congé de maladie ordinaire du 24 juin au 3 juillet 2024, du 31 juillet 2024 au 5 janvier 2025 et du 21 janvier 2025 au 25 juillet 2025. Par une ordonnance n° 2504916 du 5 août 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a suspendu l’exécution de ces arrêtés et a enjoint au maire de Lorient de réexaminer la situation de Mme B... dans un délai d’un mois à compter de la notification de son ordonnance. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 août et 4 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la commune de Lorient demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de rejeter la demande de Mme B... ; 3°) de mettre à la charge de Mme B... la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat de la commune de Lorient a été informé par un courrier du 30 septembre 2025, notifié le même jour, que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l'article R. 822-5 du même code : « Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) / 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V (…) ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la commune de Lorient soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Rennes : - a insuffisamment motivé son ordonnance en se bornant à énoncer que le moyen tiré de la violation de l’article L. 822-18 du code général de la fonction publique était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l’arrêté attaqué sans établir en quoi consistait l’accident de service litigieux du 17 juin 2024 ; - a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en retenant que les événements déclarés par Mme B... avaient le caractère d’un accident de service. 3. Il est manifeste que les moyens du pourvoi de la commune de Lorient ne sont pas fondés. Il ne peut, par suite, être admis. O R D O N N E : -------------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Lorient n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Lorient et à Mme A... B.... Fait à Paris, le 13 octobre 2025. Le Président : Stéphane VERCLYTTE La République mande et ordonne au ministre de l’aménagement du territoire, de la décentralisation et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un accident de service ?
Un accident de service est un accident survenu dans le cadre du service ou à l'occasion du service, qui est imputable au service et ouvre droit à des protections spécifiques pour l'agent public.
Comment contester un refus de reconnaissance d'imputabilité au service ?
Vous pouvez saisir le tribunal administratif en référé suspension pour demander la suspension de la décision de refus, puis éventuellement engager un recours au fond. Le juge des référés peut ordonner la suspension s'il y a urgence et doute sérieux sur la légalité.
Qu'est-ce qu'un référé suspension ?
Le référé suspension est une procédure d'urgence devant le juge administratif permettant de demander la suspension de l'exécution d'une décision administrative avant qu'il ne soit statué au fond. Il faut justifier d'une urgence et d'un moyen propre à créer un doute sérieux.
Quels sont les délais pour former un pourvoi en cassation ?
Le délai de recours en cassation devant le Conseil d'État est généralement de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée. Ce délai est impératif.
Que se passe-t-il si mon pourvoi en cassation est manifestement infondé ?
Le Conseil d'État peut décider de ne pas admettre le pourvoi par une ordonnance motivée, sans audience, s'il est manifestement dépourvu de fondement. C'est ce qui s'est produit dans cette affaire.

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