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Conseil d'État, 1ère chambre, 7 octobre 2025, n° 507462

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension rejetant une demande de procès-verbal d'infraction et d'arrêté interruptif de travaux est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V du code de justice administrative peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre.

Faits clés

  • L'association Place Publique a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulon de suspendre la décision du maire de Cogolin rejetant sa demande de dresser un procès-verbal d'infraction et de prendre un arrêté interruptif de travaux concernant l'aménagement d'une aire de stationnement sur une partie du stade Galfard.
  • Le juge des référés a rejeté cette demande par une ordonnance du 6 août 2025.
  • L'association a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Le Conseil d'État a examiné les moyens soulevés par l'association : irrégularité de l'ordonnance (absence de date d'audience), procédure irrégulière (instruction non close), erreur de droit et dénaturation des pièces.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : L’association Place Publique a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Toulon, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 9 juillet 2025 par laquelle le maire de Cogolin, agissant au nom de l’État, a rejeté sa demande tendant, d’une part, à ce que soit dressé un procès-verbal d’infraction relatif aux travaux d’aménagement d’une aire de stationnement sur une partie du stade Galfard et, d’autre part, à ce que soit pris un arrêté interruptif de travaux. Par une ordonnance n° 2502895 du 6 août 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Toulon a rejeté cette demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 août et 1er septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, l’association Place Publique, représentée par la SCP Marlange, de La Burgade, demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Par un courrier du 24 septembre 2025, notifié le même jour, l’avocat de l’association Place Publique a été avisé, en application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Il a présenté des observations, enregistrées le 2 octobre 2025. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes des cinquième et huitième alinéas de l’article R. 822-5 de ce code : « Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, l’association Place Publique soutient que : - cette ordonnance est entachée d’irrégularité, faute que son en-tête indique la date à laquelle s’est tenue l’audience publique ; - elle a été rendue selon une procédure irrégulière dès lors que l’instruction n’était pas close à la date à laquelle elle a été prise ; - le juge des référés du tribunal administratif a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant qu’il ne résultait pas de l’instruction que les travaux litigieux n’auraient pas été exécutés sur une construction existante. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de l’association Place Publique n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l’association Place Publique. Copie en sera adressée au ministre de l’aménagement du territoire, de la décentralisation et du logement. Fait à Paris, le 7 octobre 2025 La présidente : Gaëlle Dumortier La République mande et ordonne au ministre de l’aménagement du territoire, de la décentralisation et du logement, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation : Hervé Herber

Questions fréquentes

Comment suspendre une décision administrative en urgence ?
Vous pouvez saisir le juge des référés du tribunal administratif sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en demandant la suspension de l'exécution de la décision. Il faut justifier d'une urgence et d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Que faire si le maire refuse de dresser un procès-verbal d'infraction urbanistique ?
Vous pouvez demander au juge des référés de suspendre la décision de refus et d'enjoindre au maire de dresser le procès-verbal, en invoquant l'urgence et le doute sérieux sur la légalité du refus.
Quels sont les recours contre une ordonnance de référé ?
L'ordonnance de référé peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de 15 jours. Le pourvoi doit être admis, c'est-à-dire fondé sur un moyen sérieux.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
La procédure d'admission est un filtre : le Conseil d'État examine si le pourvoi est recevable et s'il est fondé sur un moyen sérieux. Si ce n'est pas le cas, il refuse l'admission par une ordonnance motivée.
Quels moyens sont considérés comme sérieux pour un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui paraît de nature à entraîner l'annulation de la décision attaquée. Par exemple, une erreur de droit, une dénaturation des faits, ou un vice de procédure.

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