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Conseil d'État, 5ème chambre, 29 octobre 2025, n° 507541

R.822-5-3 Rejet PAPC référé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'une suspension de permis de conduire est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre.

Faits clés

  • M. B... a demandé la suspension de l'arrêté du 14 juillet 2025 suspendant son permis de conduire pour cinq mois.
  • Le juge des référés du tribunal administratif de Nancy a rejeté sa demande par ordonnance du 7 août 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Il soutenait que la condition d'urgence était remplie en raison de ses déplacements quotidiens, de la prise en charge d'un véhicule à l'étranger et de ses vacances familiales.
  • Le Conseil d'État a jugé que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nancy d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 14 juillet 2025 par lequel la préfète de Meurthe-et-Moselle a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de cinq mois. Par une ordonnance n° 2502512 du 7 août 2025, prise sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, la juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 août et 5 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat du requérant a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « (…) Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V (…) ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance de la juge des référés du tribunal administratif de Nancy qu’il attaque, M. B... soutient qu’elle est entachée : - d’erreur de droit en ce qu’elle juge que la condition d’urgence n’est pas remplie au motif qu’il n’établit pas être dans l’incapacité d’obtenir l’aide de ses proches pour l’assister dans les actes de la vie quotidienne ou pour prendre possession du véhicule qu’il a acquis à l’étranger ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle estime que les entraves à ses déplacements quotidiens, à la prise en charge d’un véhicule à l’étranger et au déroulement de ses vacances familiales ne suffisent pas à caractériser l’urgence ; - de dénaturation des pièces du dossier et d’erreur de droit en ce qu’elle écarte l’urgence en retenant que, compte tenu de la nature de l’infraction retenue, l’arrêté litigieux répond à des exigences de protection et de sécurité routière. 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Fait à Paris, le 29 octobre 2025 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Quelle est la procédure pour contester une suspension de permis de conduire ?
Vous pouvez demander au juge des référés du tribunal administratif de suspendre l'exécution de la décision de suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en invoquant l'urgence et un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Quelles sont les conditions pour obtenir un référé suspension ?
Il faut démontrer l'urgence (c'est-à-dire que la décision porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à vos intérêts) et soulever un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Que se passe-t-il si ma demande de référé est rejetée ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois. Toutefois, le pourvoi doit être admis, c'est-à-dire qu'il doit soulever un moyen sérieux. Si le pourvoi est manifestement infondé, il peut être rejeté par ordonnance.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux dans le cadre d'un pourvoi en cassation ?
Un moyen sérieux est un moyen de droit ou de fait qui est de nature à remettre en cause la décision attaquée. Il doit être suffisamment étayé et susceptible de prospérer.
Puis-je conduire pendant la suspension de mon permis ?
Non, la suspension de permis de conduire interdit de conduire un véhicule pour la durée fixée. Conduire pendant la suspension est une infraction pénale.
Quels sont les délais pour saisir le juge des référés ?
La demande de référé suspension doit être présentée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision attaquée, conformément aux règles du recours pour excès de pouvoir.

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