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Conseil d'État, 5ème chambre, 29 octobre 2025, n° 507545

R.822-5-3 Rejet PAPC référé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi formé contre une ordonnance de référé rejetant une demande de réintégration dans un logement après expulsion est-il fondé sur un moyen sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V du code de justice administrative peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre.

Faits clés

  • M. A... a été expulsé de son logement locatif le 7 août 2025.
  • Il a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de mettre fin aux atteintes aux libertés fondamentales et d'ordonner sa réintégration ou une indemnisation.
  • Par ordonnance du 9 août 2025, la juge des référés a rejeté sa demande sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Le Conseil d'État a constaté qu'aucun des moyens soulevés n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-2 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative article 514 du code de procédure civile

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, de mettre fin aux atteintes aux libertés fondamentales résultant de l’expulsion de son logement locatif intervenu le 7 août 2025 et d’ordonner la réintégration dans son logement ou, à défaut, de prévoir une indemnisation. Par une ordonnance n° 2522935 du 9 août 2025, prise sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, la juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi et un mémoire en régularisation, enregistrés les 25 août et 30 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... doit être regardé comme demandant au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat du requérant a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. M. A... a présenté des observations en réponse à cette information, enregistrées le 10 octobre 2025. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de procédure civile ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « (…) Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V (…) ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance de la juge des référés du tribunal administratif de Paris qu’il attaque, M. A... doit être regardé comme soutenant qu’elle est entachée : - d’erreur de droit en ce qu’elle juge que la seule circonstance que le jugement du 8 juillet 2024 ordonnant son expulsion a été exécuté en dépit de l’appel qu’il a formé n’est pas de nature à constituer une illégalité, dès lors que ce jugement prévoyait expressément son exécution provisoire conformément à l’article 514 du code de procédure civile ; - d’insuffisance de motivation et d’erreur de droit en ce qu’elle se borne à opposer l’exécution provisoire attachée au jugement d’expulsion sans examiner la manière dont la force publique a permis l’exécution effective de ce jugement ; - d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle juge qu’il s’est placé lui-même dans la situation d’urgence dont il se prévaut ; - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle estime qu’il a manqué à son obligation d’informer son bailleur de la perte du statut d’étudiant boursier à l’issue de l’année universitaire 2019-2020. 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A.... Copie en sera adressée à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation. Fait à Paris, le 29 octobre 2025 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Puis-je faire un recours contre une ordonnance de référé qui rejette ma demande ?
Oui, vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais il doit être admis. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
Comment obtenir la réintégration dans mon logement après une expulsion ?
Vous pouvez saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'il y a une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale. Mais si l'expulsion résulte d'une décision de justice exécutoire, le juge peut considérer qu'il n'y a pas d'urgence ou d'illégalité manifeste.
Qu'est-ce que le référé liberté ?
Le référé liberté est une procédure d'urgence devant le juge administratif permettant de faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, sous conditions d'urgence et d'illégalité manifeste.
Quelles sont les conditions pour que mon pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. S'il est manifestement dépourvu de fondement, il peut être rejeté par ordonnance du président de la chambre.
Que signifie l'exécution provisoire d'un jugement ?
L'exécution provisoire permet d'exécuter un jugement même si un recours est formé, sauf si la loi ou la décision en dispose autrement. Elle est souvent ordonnée pour les jugements d'expulsion.
Puis-je contester une expulsion si j'ai fait appel ?
L'appel n'arrête pas l'exécution du jugement si celui-ci est assorti de l'exécution provisoire. Vous pouvez contester l'expulsion par d'autres voies, comme le référé, mais il faut démontrer une illégalité manifeste ou une atteinte grave à une liberté fondamentale.

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