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Conseil d'État, 6ème chambre, 2 décembre 2025, n° 508115

R. 122-12-4 Rejet irrecevabilité manifeste Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Une requête indemnitaire devant le Conseil d'État est-elle recevable sans demande préalable à l'administration ?

Principe retenu

Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention d'une décision de l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. En l'absence d'une telle demande préalable, les conclusions indemnitaires sont entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance et doivent être rejetées.

Faits clés

  • M. A... a saisi le Conseil d'État d'une requête tendant à la condamnation de l'État à lui verser 75 000 euros en réparation de préjudices.
  • Il invoquait des dysfonctionnements du Conseil d'État.
  • Il n'a produit aucune demande indemnitaire préalable et chiffrée.
  • Il n'allègue pas avoir déposé une telle demande.
  • Le Conseil d'État a rejeté sa requête comme manifestement irrecevable.

Articles cités

article R. 351-4 du code de justice administrative article R. 122-12 du code de justice administrative article R. 421-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une requête et des mémoires, enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat entre les 7 et 18 septembre 2025, M. B... A... demande au Conseil d’Etat de condamner l’Etat à lui verser la somme de 75 000 euros en réparation des préjudices qu’il estime avoir subis du fait des dysfonctionnements du Conseil d’Etat. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article R. 351-4 du code de justice administrative : « Lorsque tout ou partie des conclusions dont est saisi un tribunal administratif, une cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat relève de la compétence d'une de ces juridictions administratives, le tribunal administratif, la cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat, selon le cas, est compétent, nonobstant les règles de répartition des compétences entre juridictions administratives, pour rejeter les conclusions entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance, pour constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur tout ou partie des conclusions ou pour rejeter la requête en se fondant sur l'irrecevabilité manifeste de la demande de première instance. ». 2. Aux termes de l’article R. 122‑12 du même code : « Le président de la section du contentieux, les présidents de chambre et les conseillers d’Etat mentionnés au quatrième alinéa de l’article R.122-7 peuvent, par ordonnance : (…) 4°) Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». Enfin, son article R. 421-1 dispose : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ». 3. M. A... demande à être indemnisé des préjudices qu’il estime avoir subis du fait des dysfonctionnements du Conseil d’Etat. Le requérant n’a versé aucune demande indemnitaire préalable et chiffrée et n’allègue pas avoir déposé une telle demande. Il en résulte que les conclusions présentées par M. A... tendant à l’indemnisation des préjudices qu’il estime avoir subis sont entachées d’une irrecevabilité manifeste insusceptible d’être couverte en cours d’instance et doivent, en conséquence, être rejetées pour ce motif. O R D O N N E : Article 1er : La requête de M. A... est rejetée. Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A.... Fait à Paris, le 2 décembre 2025 Signé : Mme D... C... La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Marie-Adeline Allain

Questions fréquentes

Puis-je saisir directement le juge administratif pour obtenir des dommages-intérêts ?
Non, en principe, vous devez d'abord adresser une demande préalable à l'administration concernée. Si elle refuse ou ne répond pas, vous pouvez saisir le juge dans les deux mois.
Que se passe-t-il si je saisis le juge sans avoir fait de demande préalable ?
Votre requête sera rejetée comme manifestement irrecevable, sans possibilité de régularisation en cours d'instance.
Comment faire une demande préalable ?
Vous devez adresser une demande écrite, chiffrée et motivée à l'administration concernée, en indiquant les préjudices subis et le montant réclamé.
Quel est le délai pour saisir le juge après une demande préalable ?
Vous disposez de deux mois à compter de la notification de la décision de l'administration ou de l'expiration du délai de deux mois de silence.
Le Conseil d'État peut-il être poursuivi pour ses dysfonctionnements ?
Oui, mais la procédure exige une demande préalable auprès de l'administration, comme pour toute action indemnitaire contre l'État.

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