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Conseil d'État, 6ème chambre, 10 février 2026, n° 508396

R.822-5 Désistement d'office PAPC Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le requérant qui a annoncé un mémoire complémentaire dans son pourvoi en cassation et ne le produit pas dans le délai de trois mois est-il réputé s'être désisté ?

Principe retenu

En application des articles R. 611-22 et R. 822-5 du code de justice administrative, lorsque le requérant a mentionné dans sa requête l'intention de présenter un mémoire complémentaire et ne le produit pas dans le délai de trois mois à compter de l'enregistrement de la requête, il est réputé s'être désisté. Le président de la chambre donne acte de ce désistement par ordonnance.

Faits clés

  • Mme D... a formé un pourvoi en cassation contre une ordonnance de la cour administrative d'appel de Paris rejetant son appel.
  • Le pourvoi sommaire a été enregistré au Conseil d'État le 18 septembre 2025.
  • Dans son pourvoi sommaire, Mme D... a exprimé l'intention de produire un mémoire complémentaire.
  • Le délai de trois mois pour produire le mémoire complémentaire a expiré sans que celui-ci ait été produit.
  • Le Conseil d'État a constaté le désistement d'office et a donné acte de ce désistement.

Articles cités

article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 611-22 du code de justice administrative article R. 611-23 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme C... D... a demandé au tribunal administratif de d’annuler l’arrêté du 10 avril 2024 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d’office à l’expiration de ce délai. Par un jugement n° 2410532/6-2 du 18 octobre 2024, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 24PA04761 du 10 avril 2025, le président assesseur de la 6ème chambre de la cour administrative d'appel de Paris a rejeté l’appel formé par Mme D... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire, enregistré au secrétariat du contentieux du Conseil d’État le 18 septembre 2025, Mme D... demande au Conseil d’État : 1°) d'annuler l’ordonnance de la cour administrative d’appel de Paris du 10 avril 2025 ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative. Considérant ce qui suit : 1. Aux termes du premier alinéa de l’article R. 822-5 du code de justice administrative : « En cas de désistement avant l’admission du pourvoi, ou si le requérant est réputé s’être désisté en application de l’article R. 611-22, le président de la chambre donne acte du désistement par ordonnance ». Aux termes de l’article R. 611-22 du même code : « Lorsque la requête ou le recours mentionne l’intention du requérant ou du ministre de présenter un mémoire complémentaire, la production annoncée doit parvenir au secrétariat du contentieux du Conseil d’État dans un délai de trois mois à compter de la date à laquelle la requête a été enregistrée./ Si ce délai n’est pas respecté, le requérant ou le ministre est réputé s’être désisté à la date d’expiration de ce délai, même si le mémoire complémentaire a été ultérieurement produit. Le Conseil d’État donne acte de ce désistement ». Aux termes de l’article R. 611-23 du même code : « le délai prévu à l’article précédent est […] de quinze jours lorsque le pourvoi en cassation est dirigé contre une décision prise par le juge des référés en application du livre V, sauf s'il s'agit des procédures visées aux articles L. 552-1 et L. 552-2 ». 2. Dans son pourvoi sommaire, enregistré au secrétariat du contentieux du Conseil d’État le 18 septembre 2025, Mme D... a exprimé l’intention de produire un mémoire complémentaire. A la date de la présente ordonnance, le délai imparti par les dispositions précitées est expiré et il est constaté qu’aucun mémoire complémentaire n’a été produit avant l’expiration de ce délai. Ainsi, Mme D... doit être réputée s’être désistée de son pourvoi. Par suite, il y a lieu de donner acte de ce désistement. O R D O N N E : Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme D.... Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... D.... Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur. Fait à Paris, le 10 février 2026 Signé : Mme B... A... La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Marie-Adeline Allain

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si je ne dépose pas mon mémoire complémentaire dans le délai de trois mois ?
Vous êtes réputé vous être désisté de votre pourvoi, et le président de la chambre donne acte de ce désistement par ordonnance.
Quel est le délai pour déposer un mémoire complémentaire devant le Conseil d'État ?
Le délai est de trois mois à compter de l'enregistrement de la requête, sauf exceptions prévues pour certaines procédures d'urgence.
Puis-je être considéré comme désisté si j'oublie de déposer mon mémoire complémentaire ?
Oui, si vous avez annoncé votre intention de produire un mémoire complémentaire et que vous ne le faites pas dans le délai, vous êtes réputé désisté.
Qu'est-ce qu'un désistement d'office ?
C'est une procédure par laquelle le requérant est considéré comme ayant renoncé à son recours en raison de l'absence de production d'un mémoire complémentaire dans le délai imparti.

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