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Conseil d'État, 5ème chambre, 11 février 2026, n° 508534

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance du tribunal du stationnement payant est-il recevable lorsqu'il invoque des moyens relatifs à la recevabilité des requêtes collectives et à l'obligation de régularisation ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application de l'article R. 2333-120-27 du code général des collectivités territoriales peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre.

Faits clés

  • Mme C... a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l'obligation de payer des forfaits de post-stationnement émis par la Ville de Paris les 22 et 30 mars 2021.
  • Le magistrat désigné a rejeté sa requête par ordonnance du 13 mai 2025.
  • Mme C... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Elle soutenait que l'ordonnance était entachée d'erreur de droit sur la recevabilité des requêtes collectives et sur l'obligation de régularisation.
  • Le Conseil d'État a jugé qu'aucun de ces moyens n'était de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article R. 2333-120-27 du code général des collectivités territoriales article L. 761-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Mme B... C... a demandé au tribunal du stationnement payant de la décharger de l’obligation de payer les sommes réclamées par les titres exécutoires émis par l’agence nationale de traitement automatisée des infractions en vue du recouvrement des forfaits de post-stationnement mis à sa charge les 22 et 30 mars 2021 par la Ville de Paris et des majorations dont ils sont assortis. Par une ordonnance n° 21098492 du 13 mai 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant a rejeté sa requête. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 septembre et 24 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme C... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Boulloche, Colin, Stoclet et associés, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat de la requérante a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux. » Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 2° Les pourvois manifestement dépourvu de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application (…) de l'article R. 2333-120-27 du code général des collectivités territoriales… » ; 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du magistrat désigné par le président du tribunal du stationnement payant qu’elle attaque, Mme C... soutient que cette ordonnance est entachée : - d’erreur de droit en ce qu’elle juge que chaque requête doit être dirigée contre une seule décision ; - d’erreur de droit en ce qu’elle méconnaît le principe de la recevabilité des requêtes collectives ; - d’erreur de droit en ce qu’elle rejette ses conclusions sans l’avoir préalablement invitée à les régulariser par le dépôt de requêtes distinctes. 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi ; O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de Mme C... n'est pas admis. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B... C.... Copie en sera adressée à la Ville de Paris. Fait à Paris le 11 février 2026 Signé : M. D... A... La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme ; Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Puis-je contester plusieurs forfaits de stationnement dans une seule requête ?
En principe, chaque requête doit être dirigée contre une seule décision. Si vous contestez plusieurs forfaits, vous devez déposer des requêtes distinctes, sauf si le juge vous autorise à les regrouper.
Que se passe-t-il si ma requête est irrecevable ?
Le juge peut rejeter votre requête comme irrecevable. Toutefois, il doit normalement vous inviter à régulariser si la cause d'irrecevabilité est susceptible d'être couverte.
Comment former un pourvoi en cassation contre une décision du tribunal du stationnement ?
Vous devez déposer un pourvoi devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision. Le pourvoi doit être motivé et soumis à la procédure d'admission.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois ?
C'est un filtre préalable : le Conseil d'État n'admet que les pourvois qui soulèvent un moyen sérieux. Si le pourvoi est manifestement infondé, il est rejeté par ordonnance.
Le juge doit-il m'inviter à régulariser ma requête avant de la rejeter ?
Oui, en principe, le juge doit inviter le requérant à régulariser sa requête si elle est entachée d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte. Toutefois, cette obligation n'est pas absolue et dépend des circonstances.
Quels sont les moyens sérieux pour obtenir l'admission d'un pourvoi ?
Les moyens sérieux sont ceux qui sont de nature à remettre en cause la décision attaquée, par exemple une erreur de droit, une erreur de qualification juridique des faits, ou un vice de procédure.

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