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Conseil d'État, Juge des référés, 1 juillet 2026, n° 508853

R. 122-12-3 Non-lieu à statuer Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Une requête dirigée contre le rejet implicite d'une réclamation par la CNIL devient-elle sans objet lorsque la CNIL retire sa décision implicite et que les données litigieuses sont supprimées ?

Principe retenu

Lorsque, postérieurement à l'introduction d'une requête, la CNIL retire sa décision implicite de rejet en informant le requérant de la poursuite de l'instruction de sa plainte, les conclusions tendant à l'annulation de cette décision deviennent sans objet. Il en va de même pour les conclusions à fin d'injonction lorsque les données litigieuses ont été supprimées par le responsable de traitement.

Faits clés

  • M. B... a saisi la CNIL d'une réclamation le 22 février 2025 concernant la diffusion de ses données personnelles sur le site Infogreffe.fr.
  • La CNIL a gardé le silence pendant trois mois, faisant naître une décision implicite de rejet.
  • M. B... a demandé l'annulation de cette décision implicite et une injonction à la CNIL d'exiger la suppression des données.
  • Le 22 juin 2025, la CNIL a informé M. B... de la poursuite de l'instruction de sa plainte, retirant ainsi sa décision implicite.
  • À la date de l'ordonnance, les données de M. B... ne figuraient plus sur le site Infogreffe.fr.

Articles cités

article R. 122-12 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Par une ordonnance n° 2518085/12-1 du 6 octobre 2025, enregistrée le 7 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au Conseil d’Etat, en application de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A... B.... Par cette requête et un nouveau mémoire, enregistrés au greffe du tribunal administratif de Paris les 24 juin et 10 novembre 2025, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler la décision par laquelle la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a implicitement rejeté sa demande d’effacement des données à caractère personnel le concernant diffusées par le site Infogreffe.fr ; 2°) d’enjoindre à la CNIL d’exiger de ce site la suppression de ces données dans un délai de trente jours. Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la CNIL conclut à ce qu’il n’y ait pas lieu à statuer sur la requête. Elle soutient que la requête a perdu son objet. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes du premier alinéa de l’article R. 122-12 du code de justice administrative : « Le président de la section du contentieux, les présidents adjoints de cette section, les présidents de chambre et les conseillers d'Etat mentionnés au quatrième alinéa de l'article R. 122-7 peuvent, par ordonnance : (…) 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête (…) ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 2. Il ressort des pièces du dossier que le 22 juin 2025, postérieurement à l’introduction du présent pourvoi, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a informé M. B... de la poursuite de l’instruction de sa plainte et de ses démarches auprès du groupement d’intérêt économique Infogreffe dans le cadre d’une procédure commune à plusieurs dizaines de plaintes visant le même responsable de traitement, procédant ainsi au retrait de sa décision implicite de rejet. Il s’ensuit que les conclusions de M. B... tendant à l’annulation pour excès de pouvoir de la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant trois mois par la CNIL sur sa réclamation du 22 février 2025 sont devenues sans objet. Il n’y a, par suite, pas lieu d’y statuer. 3. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que, à la date de la présente ordonnance, les données à caractère personnel de M. B... ne figurent plus sur le site Infogreffe.fr, le responsable de traitement ayant fait droit à sa demande d’opposition à leur diffusion. Par suite, il n’y a pas non plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d’injonction. ORDONNE : Article 1er: Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B.... Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée à la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Fait à Paris, le 1er juillet 2026 Le président : Bertrand Dacosta La République mande et ordonne au Premier ministre en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Que faire si la CNIL ne répond pas à ma plainte ?
Si la CNIL ne répond pas dans un délai de trois mois, une décision implicite de rejet est réputée prise. Vous pouvez alors former un recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif.
Comment obtenir le retrait de mes données personnelles d'un site public ?
Vous pouvez saisir la CNIL d'une réclamation. Si la CNIL rejette votre demande, vous pouvez contester sa décision devant le Conseil d'État. Si les données sont supprimées en cours de procédure, le recours peut devenir sans objet.
Qu'est-ce qu'une décision implicite de rejet de la CNIL ?
C'est une décision qui naît du silence gardé par la CNIL pendant trois mois sur une réclamation. Elle vaut rejet et peut être contestée devant le juge administratif.
Que se passe-t-il si la CNIL retire sa décision après mon recours ?
Si la CNIL retire sa décision implicite de rejet en reprenant l'instruction de votre plainte, votre recours devient sans objet et le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer.
Quels sont les recours contre une décision de la CNIL ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision.
Quand un recours devient-il sans objet ?
Un recours devient sans objet lorsque la décision attaquée est retirée ou modifiée, ou lorsque la situation du requérant est résolue, par exemple si les données sont supprimées.

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