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Conseil d'État, 5ème chambre, 29 janvier 2026, n° 508913

R.822-5 Désistement PAPC Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension du refus implicite du maire de mettre en œuvre ses pouvoirs de police en matière de sécurité des immeubles est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les moyens de dénaturation et d'insuffisance de motivation doivent être de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nice de suspendre la décision de rejet implicite du maire de Nice sur sa demande du 17 février 2025 tendant à ce que le maire mette en œuvre ses pouvoirs de police sur le fondement des articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par une ordonnance du 12 septembre 2025.
  • Le président de la cour administrative d'appel de Marseille a transmis le pourvoi au Conseil d'État.
  • M. A... soutient que l'ordonnance est entachée de dénaturation des pièces du dossier et d'insuffisance de motivation.
  • Le Conseil d'État a constaté qu'aucun des moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article R. 351-2 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nice d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision de rejet implicite du maire de Nice sur sa demande du 17 février 2025 tendant à ce que le maire mette en œuvre ses pouvoirs de police sur le fondement des articles L. 511-1 et suivants du code de la construction et de l’habitation en édictant un arrêté de mise en sécurité au sujet de la résidence « Domaine de Falicon ». Par une ordonnance n° 2504919 du 12 septembre 2025 prise sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 25MA02819 du 9 octobre 2025, enregistrée le même jour au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le président de la cour administrative d’appel de Marseille a transmis au Conseil d'Etat, en application de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi par lequel M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge de la ville de Nice la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat du requérant a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la construction et de l’habitation ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « (…) Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V (…) ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Nice qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée : - de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle estime que la réalisation d’un seul « ferroscan » sur chacun des 15 immeubles de la résidence « Domaine de Falicon » à Nice répondait dans l’ensemble aux mesures évoquées par le courrier du maire de Nice du 2 juillet 2024 au syndic de copropriété la résidence « Domaine de Falicon » ; - d’insuffisance de motivation en ce qu’elle ne mentionne que le courrier du maire de Nice du 2 juillet 2024 au syndic de copropriété la résidence « Domaine de Falicon » pour estimer que les mesures évoquées ont été dans l’ensemble exécutées. 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à B... A.... Fait à Paris, le Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Que faire si le maire refuse de prendre un arrêté de mise en sécurité pour un immeuble dangereux ?
Vous pouvez saisir le juge des référés du tribunal administratif pour demander la suspension de la décision de refus, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, en invoquant l'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Comment obtenir la suspension d'une décision de refus du maire en matière de sécurité des bâtiments ?
Il faut déposer une requête en référé suspension devant le tribunal administratif, en démontrant l'urgence et en soulevant un moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus.
Quels sont les recours contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois. Le pourvoi doit être admis, c'est-à-dire qu'il doit soulever un moyen sérieux.
Quelles conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Les moyens de dénaturation ou d'insuffisance de motivation peuvent être retenus s'ils sont de nature à remettre en cause la solution.

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