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Conseil d'État, 1ère chambre, 22 décembre 2025, n° 509218

R.822-5-3 Rejet PAPC référé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le moyen tiré de ce que le retrait des permis de construire fait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés de mise en conformité est-il propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de ces arrêtés ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension n'est pas admis lorsqu'il est manifestement dépourvu de fondement. En l'espèce, le moyen soulevé par la commune de Cannes, tiré de ce que le retrait des permis de construire faisait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés de mise en conformité, n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • La société Aurélia et M. B... ont demandé la suspension de deux arrêtés du maire de Cannes du 25 août 2025 les enjoignant sous astreinte de se mettre en conformité avec les autorisations d'urbanisme.
  • Le juge des référés du tribunal administratif de Nice a fait droit à leurs demandes par ordonnance du 9 octobre 2025.
  • La commune de Cannes s'est pourvue en cassation contre cette ordonnance.
  • La commune soutenait que le juge des référés avait commis une erreur de droit en jugeant que le moyen tiré du retrait des permis de construire était propre à créer un doute sérieux.
  • Le Conseil d'État a constaté que ce moyen n'était pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société à responsabilité limitée Aurélia et M. A... B... ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nice, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution, respectivement, de l’arrêté n° 25/7511 du 25 août 2025 par lequel le maire de Cannes (Alpes-Maritimes) a enjoint sous astreinte à la société Aurélia de se mettre en conformité avec les autorisations d’urbanisme qui lui avaient été délivrées et celle de l’arrêté n° 25/7513 du 25 août 2025 par lequel le maire de Cannes a enjoint sous astreinte à M. B... de se mettre en conformité avec ces mêmes autorisations d’urbanisme. Par une ordonnance n°s 2505311, 2505310 du 9 octobre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Nice, après avoir joint les requêtes, a fait droit à ces demandes. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 octobre et 10 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la commune de Cannes, représentée par la SCP Lyon-Caen, Thiriez, demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de rejeter les demandes de M. B... et de la société Aurélia ; 3°) de mettre à la charge de M. B... et de la société Aurélia la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Par un courrier du 3 décembre 2025, notifié le même jour, l’avocat de la commune de Cannes a été avisé, en application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes des cinquième et huitième alinéas de l’article R. 822-5 de ce code : « Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’elle attaque, la commune de Cannes soutient que le juge des référés du tribunal administratif a commis une erreur de droit, eu égard à son office, en jugeant qu’était propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées le moyen tiré de ce que le retrait des permis de construire faisait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés attaqués. Il est manifeste que ce moyen n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la commune de Cannes n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Cannes. Copie en sera adressée à M. A... B... et à la société à responsabilité limitée Aurélia. Fait à Paris, le 22 décembre 2025 La présidente : Gaëlle Dumortier La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation : Hervé Herber

Questions fréquentes

Que faire si la mairie m'enjoint de mettre mon bâtiment en conformité avec le permis de construire ?
Vous pouvez demander au juge des référés la suspension de l'arrêté si vous estimez qu'il est illégal, en invoquant un doute sérieux sur sa légalité.
Puis-je demander la suspension d'un arrêté de mise en conformité ?
Oui, si vous justifiez d'une urgence et d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté, vous pouvez saisir le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Qu'est-ce qu'un doute sérieux dans le cadre d'un référé suspension ?
Un doute sérieux est une incertitude raisonnable sur la légalité de la décision administrative, qui rend son annulation probable au fond.
Comment contester une ordonnance de référé suspension ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État dans un délai de deux mois, mais ce pourvoi doit être admis, c'est-à-dire fondé sur un moyen sérieux.

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