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Conseil d'État, Juge des référés, 10 juillet 2026, n° 509517

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'une décision de placement en quartier de lutte contre la criminalité organisée est-il fondé sur un moyen sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V du code de justice administrative peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre, sans instruction contradictoire ni audience publique.

Faits clés

  • M. B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris de suspendre la décision du 28 juillet 2025 le plaçant dans le quartier de lutte contre la criminalité organisée du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par ordonnance du 22 août 2025.
  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance.
  • Il soutenait que la condition d'urgence devait être présumée remplie en cas de demande de suspension d'une décision de placement en quartier de lutte contre la criminalité organisée.
  • Il soutenait également une dénaturation des pièces du dossier et une insuffisance de motivation.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article 37 de la loi du 10 juillet 1991

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision du 28 juillet 2025 par laquelle le ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la Justice a décidé de le placer dans le quartier de lutte contre la criminalité organisée du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil. Par une ordonnance n° 2524267 du 22 août 2025, le juge des référés a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 6 et 21 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de renvoyer l’affaire devant le juge des référés du tribunal administratif de Paris ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros, à verser à la SCP Célice, Texidor, Périer, son avocat, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par application de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat du requérant a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ; - le code pénitentiaire ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « Lorsqu’ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) / 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 3. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que le juge des référés du tribunal administratif de Paris l’a entachée : - d’erreur de droit pour ne pas avoir considéré que la condition d’urgence exigée par l’article L. 521-1 du code de justice administrative devait être présumée remplie en cas de demande de suspension, sur le fondement de cet article, de l’exécution d’une décision de placement en quartier de lutte contre la criminalité organisée, compte tenu des conséquences de cette décision sur les conditions de détention ; - de dénaturation des pièces du dossier et d’insuffisance de motivation pour avoir estimé que la condition d’urgence n’était en l’espèce pas remplie. 4. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. ORDONNE : Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée au ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la Justice. Fait à Paris, le 10 juillet 2026 Le président : Bertrand Dacosta La République mande et ordonne au ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la Justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État ?
C'est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative, afin de faire vérifier la légalité de cette décision.
Quelles sont les conditions pour qu'un pourvoi en cassation soit admis ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. À défaut, il est refusé par une décision de non-admission.
La condition d'urgence est-elle présumée pour les décisions de placement en QLCO ?
Dans cette affaire, le Conseil d'État n'a pas reconnu une présomption d'urgence systématique, mais chaque cas est examiné au regard de ses conséquences concrètes.
Que se passe-t-il si mon pourvoi n'est pas admis ?
La décision attaquée devient définitive. Vous ne pouvez plus contester la décision devant le Conseil d'État.
Puis-je demander la suspension d'une décision administrative en référé ?
Oui, si vous remplissez les conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : urgence et doute sérieux sur la légalité de la décision.

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