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Conseil d'État, Section du Contentieux, 15 décembre 2025, n° 509527

R. 122-12-4 Rejet irrecevabilité manifeste Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

La requête en rectification d'erreur matérielle est-elle recevable lorsqu'elle tend en réalité à remettre en cause l'appréciation des faits par le juge des référés ?

Principe retenu

Le recours en rectification d'erreur matérielle prévu à l'article R. 833-1 du code de justice administrative ne peut être utilisé que pour corriger une erreur matérielle susceptible d'avoir influencé le jugement. Il ne permet pas de remettre en cause l'appréciation des faits par le juge. Une requête qui tend à contester l'appréciation des faits est manifestement irrecevable et peut être rejetée par ordonnance.

Faits clés

  • Mme B... a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble pour obtenir des mesures concernant la scolarisation de sa fille handicapée.
  • Sa demande a été rejetée par ordonnance du 26 septembre 2025.
  • Elle a fait appel, mais le juge des référés du Conseil d'Etat a rejeté sa requête par ordonnance du 22 octobre 2025 sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
  • Le 28 octobre 2025, Mme B... a déposé une requête en rectification d'erreur matérielle contre cette ordonnance.
  • Le Conseil d'Etat a jugé que cette requête tendait en réalité à remettre en cause l'appréciation des faits et était donc manifestement irrecevable.

Articles cités

article R. 833-1 du code de justice administrative article L. 522-3 du code de justice administrative article R. 122-12 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : Sur la procédure antérieure : Mme A... B..., représentante légale de sa fille mineure en situation de handicap, a saisi le juge des référés du Conseil d'Etat d’une requête en appel dirigée contre l’ordonnance n° 2509843 du 26 septembre 2025 par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant, en premier lieu, à titre principal, d’enjoindre au directeur des services départementaux de l’éducation nationale de procéder à la réinscription de sa fille en CM2, dans son école élémentaire d’origine, auprès d’une enseignante formée aux méthodes adaptées, avec un accompagnant d’élève en situation de handicap individuel (AESH-i) 32h et mise en œuvre intégrale du projet personnalisé de scolarisation (PPS) et de la programmation adaptée des objectifs d'apprentissage (PAOA), sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à compter de 48 heures après notification de l’ordonnance jusqu’à parfaite exécution, en deuxième lieu, à titre subsidiaire, d’enjoindre au directeur des services départementaux de l’éducation nationale de prévoir l’accueil de sa fille en unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) dans son école élémentaire d’origine, avec AESH-i couvrant l’intégralité du temps scolaire et application effective du projet personnalisé de scolarisation, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte et, en dernier lieu, d’enjoindre à l’Etat de lui communiquer l’ensemble des directives, consignes et échanges écrits relatifs à la scolarisation de sa fille, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte. Par une ordonnance n°509005 du 22 octobre 2025, le juge des référés du Conseil d'Etat a rejeté sa requête en appel sur le fondement des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Sur la demande de rectification d’erreur matérielle : Par une requête déposée le 28 octobre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, Mme B... demande au Conseil d’Etat, sur le fondement des dispositions de l’article R. 833-1 du code de justice administrative de rectifier pour erreur matérielle l’ordonnance n° 509005 du 22 octobre 2025 ; Vu les autres pièces des dossiers ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1 Aux termes de l'article R. 833-1 du code de justice administrative : « Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle susceptible d'avoir exercé une influence sur le jugement de l'affaire, la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification. / Ce recours doit être présenté dans les mêmes formes que celles dans lesquelles devait être introduite la requête initiale. Il doit être introduit dans un délai de deux mois qui court du jour de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée. / Les dispositions des livres VI et VII sont applicables. » ». En vertu de l’article R. 122-12 du code de justice administrative, le président de la section du contentieux, les présidents adjoints de cette section, les présidents de chambre et les conseillers d’Etat mentionnés au quatrième alinéa de l’article R. 122-7 du même code, peuvent par ordonnance rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. 2. Si la requête de Mme B... entend faire rectifier des erreurs matérielles dont serait entachée l’ordonnance n° 509005 du 22 octobre 2025, elle tend en réalité à remettre en cause l’appréciation portée par le juge des référés sur les faits de l’espèce et à contester le recours à la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Il s’ensuit qu’elle est manifestement irrecevable et doit, à ce titre, être rejetée. O R D O N N E : Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée. Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A... B.... Fait à Paris, le 15 décembre 2025 Signé : Christophe CHANTEPY Pour expédition conforme, Pour a secrétaire du contentieux et par délégation V. Cérandon-Merlot

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une erreur matérielle justifiant une rectification ?
Une erreur matérielle est une erreur purement factuelle dans la rédaction de la décision (par exemple, une faute de frappe, une omission, une erreur de date) qui a pu influencer le jugement. Elle ne concerne pas l'appréciation des faits ou l'interprétation du droit.
Quel est le délai pour demander une rectification d'erreur matérielle ?
Le recours en rectification doit être introduit dans un délai de deux mois à compter de la notification ou de la signification de la décision dont la rectification est demandée.
Puis-je utiliser la rectification d'erreur matérielle pour contester une décision ?
Non, la rectification d'erreur matérielle ne permet pas de contester le bien-fondé d'une décision. Elle sert uniquement à corriger des erreurs matérielles. Si vous contestez l'appréciation des faits, vous devez utiliser les voies de recours ordinaires (appel, cassation).
Que se passe-t-il si ma requête en rectification est manifestement irrecevable ?
Si la requête est manifestement irrecevable, le président de la section du contentieux ou un conseiller d'Etat peut la rejeter par ordonnance, sans audience, comme dans cette affaire.

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