Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 5ème chambre, 9 janvier 2026, n° 509642

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi du ministre de l'intérieur contre une ordonnance de référé suspension est-il fondé sur un moyen sérieux lorsqu'il invoque une dénaturation des pièces du dossier ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V du code de justice administrative peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre.

Faits clés

  • Le préfet des Hautes-Alpes a suspendu la validité du permis de conduire de M. A... pour une durée de six mois par arrêté du 29 septembre 2025.
  • M. A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille la suspension de cet arrêté sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
  • Par ordonnance du 24 octobre 2025, le juge des référés a fait droit à la demande de M. A...
  • Le ministre de l'intérieur s'est pourvu en cassation contre cette ordonnance.
  • Le ministre soutenait que l'ordonnance était entachée de dénaturation des pièces du dossier en ce qu'elle estimait que le moyen tiré de la disproportion de l'arrêté était de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Marseille d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté du 29 septembre 2025 par lequel le préfet des Hautes-Alpes a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de six mois. Par une ordonnance n° 2512440 du 24 octobre 2025, le juge des référés du tribunal administratif a fait droit à sa demande. Par un pourvoi, enregistré le 10 novembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le ministre de l’intérieur demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de rejeter la demande de M. A.... En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, le ministre de l’intérieur a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de la route ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « (…) Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V (…) ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Marseille qu’il attaque, le ministre de l’intérieur soutient qu’elle est entachée de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’elle estime que le moyen tiré de la disproportion de l’arrêté est de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité. 3. Il est manifeste que ce moyen n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi du ministre de l’intérieur n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l’intérieur. Copie en sera adressée à M. B... A.... Fait à Paris, le 9 janvier 2026 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un référé suspension ?
Le référé suspension est une procédure d'urgence devant le juge administratif permettant de demander la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Comment contester une suspension de permis de conduire ?
Vous pouvez saisir le juge des référés du tribunal administratif pour demander la suspension de l'arrêté préfectoral, en invoquant l'urgence et un moyen propre à créer un doute sérieux sur sa légalité.
Qu'est-ce qu'un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi en cassation est un recours devant le Conseil d'État contre une décision rendue en dernier ressort par une juridiction administrative. Il est soumis à une procédure d'admission, qui refuse les pourvois irrecevables ou manifestement infondés.
Qu'est-ce qu'une dénaturation des pièces du dossier ?
La dénaturation des pièces du dossier est un moyen de cassation qui consiste à soutenir que le juge du fond a déformé ou interprété de manière erronée les pièces qui lui étaient soumises, ce qui peut justifier l'annulation de sa décision.
Quelle est la durée maximale d'une suspension administrative de permis ?
La durée de la suspension administrative du permis de conduire est fixée par le préfet, dans la limite de six mois, conformément au code de la route.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.