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Conseil d'État, Juge des référés, 3 juillet 2026, n° 509809

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le point de départ de la prescription quadriennale pour une action en réparation des conditions de vie indignes dans les hameaux de forestage doit-il être fixé à la date de départ des camps ou à la majorité de la victime ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les moyens soulevés par le requérant, qui contestent l'appréciation souveraine des juges du fond sur le point de départ de la prescription, sont de la nature de ceux mentionnés au 4° de l'article R. 822-5 du code de justice administrative et ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. B... a demandé réparation de 500 000 euros pour conditions de vie indignes dans les hameaux de forestage entre 1968 et 1976.
  • Le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande par jugement du 20 juin 2024.
  • La cour administrative d'appel de Marseille a rejeté son appel par ordonnance du 11 avril 2025.
  • M. B... s'est pourvu en cassation devant le Conseil d'Etat.
  • Le Conseil d'Etat a refusé d'admettre le pourvoi, considérant les moyens non sérieux.

Articles cités

article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article L. 822-5-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Toulon de condamner l’Etat à lui verser la somme de 500 000 euros en réparation des préjudices subis résultant des conditions de vie indignes dans les hameaux de forestage, entre les années 1968 et 1976. Par un jugement n° 2102370 du 20 juin 2024, le tribunal administratif de Toulon a rejeté sa demande. Par une ordonnance n° 24MA02307 du 11 avril 2025, la cour administrative d’appel de Marseille a rejeté l’appel formé par M. B... contre ce jugement. Par un pourvoi sommaire et deux mémoires, enregistrés les 17 novembre 2025, 16 février et 17 mars 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) réglant l’affaire au fond, de faire droit à son appel ; 3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. En application des dispositions de l’article L. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat du requérant a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Des observations, enregistrées le 17 mars 2026, ont été produites par M. B.... Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refu0sée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « (…) Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 4° Les pourvois qui ne soulèvent que des moyens irrecevables, inopérants ou dépourvus des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, des moyens de régularité dénués de fondement et des moyens revenant à contester l'appréciation des faits à laquelle se sont souverainement livrés les juges du fond (…) ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque, M. B... soutient que la cour administrative d’appel de Marseille l’a entachée : - d’une erreur de droit sur le point de départ de la prescription quadriennale prévue par la loi du 31 décembre 1968 en jugeant qu’elle avait commencé à courir soit à la date de départ des camps, en 1975, soit au plus tard à la majorité de l’exposant, en 1986 ; - d’insuffisance de motivation en ce que la Cour n’aurait pas répondu aux moyens tirés de l’absence de jurisprudence reconnaissant la responsabilité de l’Etat avant 2018 et de l’ignorance de sa créance - d’une méconnaissance du principe du droit au recours effectif en le privant de toute possibilité d’obtenir réparation devant le juge. 3. Aucun de ces moyens, qui sont de la nature de ceux mentionnés au 4° de l’article R. 822-5 cité ci-dessus, n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. ORDONNE : Article 1er : Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B.... Copie en sera adressée à la ministre des armées et des anciens combattants. Fait à Paris, le 3 juillet 2026 Le président : Bertrand Dacosta La République mande et ordonne à la ministre des armées et des anciens combattants en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Quel est le délai pour demander réparation à l'Etat pour des faits anciens ?
La prescription quadriennale prévue par la loi du 31 décembre 1968 s'applique. Le délai court à partir du premier jour de l'année suivant celle où la créance est devenue certaine. En cas de conditions de vie indignes, le point de départ peut être la date de départ des camps ou la majorité de la victime.
Que faire si ma demande d'indemnisation a été rejetée par le tribunal administratif ?
Vous pouvez faire appel devant la cour administrative d'appel dans un délai de deux mois. Si l'appel est rejeté, vous pouvez vous pourvoir en cassation devant le Conseil d'Etat, mais ce pourvoi est soumis à une procédure d'admission.
Qu'est-ce que la procédure d'admission des pourvois en cassation ?
Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat doit d'abord être admis. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne soulève aucun moyen sérieux. Cette procédure se fait sans instruction contradictoire ni audience publique.
Quels moyens sont considérés comme non sérieux par le Conseil d'Etat ?
Les moyens irrecevables, inopérants, dépourvus de précisions, les moyens de régularité dénués de fondement, et ceux qui contestent l'appréciation souveraine des faits par les juges du fond sont considérés comme non sérieux.
Puis-je contester une ordonnance de non-admission ?
L'ordonnance de non-admission est une décision juridictionnelle qui n'est pas susceptible de recours. Elle met fin à la procédure de cassation.
L'Etat est-il responsable des conditions de vie dans les hameaux de forestage ?
La responsabilité de l'Etat peut être engagée si les conditions de vie étaient indignes. Cependant, la prescription quadriennale peut faire obstacle à l'indemnisation si la demande est tardive.

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