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Conseil d'État, 5ème chambre, 9 janvier 2026, n° 510019

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé suspension rejetant la demande de suspension d'une sanction de révocation est-il fondé sur des moyens sérieux justifiant son admission ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les moyens soulevés par le requérant, tirés de l'insuffisance de motivation, de l'erreur de droit concernant la convocation au conseil de discipline, le délai de convocation et le respect du contradictoire, ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Faits clés

  • M. A... a été révoqué par le directeur du CHU de La Réunion le 18 août 2025.
  • Il a demandé la suspension de cette décision en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
  • Le juge des référés du tribunal administratif de La Réunion a rejeté sa demande par ordonnance du 9 octobre 2025.
  • M. A... s'est pourvu en cassation contre cette ordonnance.
  • Le Conseil d'État a constaté que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de La Réunion d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 18 août 2025 par laquelle le directeur du centre hospitalier universitaire (CHU) de la Réunion a prononcé à son encontre la sanction de révocation et l’a radié des corps et cadres d’emploi de la fonction publique hospitalière, à compter du 18 septembre 2025. Par une ordonnance n° 2501552 du 9 octobre 2025, le juge des référés du tribunal administratif a rejeté sa demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire enregistrés les 24 novembre et 8 décembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A... demande au Conseil d'Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge du CHU de La Réunion la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l’avocat du requérant a été informé que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. M. A... a présenté des observations en réponse à cette information, enregistrées le 29 décembre 2025. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le décret n°89-822 du 7 novembre 1989 ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes de l’article R. 822-5 du même code : « (…) Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V (…) ». 2. Pour demander l’annulation de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de La Réunion qu’il attaque, M. A... soutient qu’elle est entachée : - d’insuffisance de motivation en ce qu’elle ne précise pas suffisamment les moyens invoqués par le requérant dans les visas et dans les motifs ; - d’erreur de droit en ce qu’elle juge que la convocation de M. A... au conseil de discipline par la représentante du président du conseil de discipline n’a pas créé de doute sérieux sur la légalité de la décision du CHU ; - d’erreur de droit en ce qu’elle juge que le délai de convocation de M. A... n’a pas créé de doute sérieux sur la légalité de la décision du CHU ; - d’erreur de droit et de dénaturation en ce qu’elle juge que l’organisation du principe du contradictoire n’a pas créé de doute sérieux sur la légalité de la décision du CHU. 3. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de M. B... A... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A.... Copie en sera adressée au centre hospitalier universitaire de La Réunion. Fait à Paris, le 9 janvier 2026 Signé : Jean-Philippe Mochon La République mande et ordonne à la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition conforme ; Pour le secrétaire du contentieux, par délégation : Bernard Longieras

Questions fréquentes

Puis-je contester une sanction de révocation en référé ?
Oui, vous pouvez demander la suspension de la décision de révocation en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à condition de justifier d'une urgence et de l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Quelles sont les conditions pour obtenir la suspension d'une sanction disciplinaire ?
Il faut démontrer l'urgence (préjudice grave et immédiat) et soulever un moyen sérieux remettant en cause la légalité de la sanction (par exemple, vice de procédure, erreur de droit, etc.).
Comment faire un pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé ?
Le pourvoi doit être formé dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance, par ministère d'avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, et doit soulever des moyens de droit.
Qu'est-ce qu'un moyen sérieux pour l'admission d'un pourvoi ?
Un moyen sérieux est un moyen qui paraît de nature à entraîner la cassation de la décision attaquée, c'est-à-dire un moyen juridiquement fondé et susceptible de prospérer.

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