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Conseil d'État, 1ère chambre, 26 janvier 2026, n° 511103

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Un pourvoi en cassation formé sans ministère d'avocat au Conseil d'État est-il recevable lorsque la notification de la décision attaquée mentionnait cette obligation ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit, sauf exceptions, être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Si le pourvoi n'est pas présenté par un avocat alors que la notification de la décision attaquée mentionnait cette obligation, il est irrecevable et ne peut être admis, sans demande de régularisation préalable.

Faits clés

  • M. A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Grenoble de suspendre l'exécution forcée d'un titre exécutoire émis par le département de l'Isère pour paiement d'un indu et d'ordonner la restitution des sommes appréhendées.
  • Le juge des référés a rejeté sa demande par une ordonnance du 24 décembre 2025.
  • M. A... a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • Le pourvoi n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
  • La notification de l'ordonnance attaquée mentionnait l'obligation de représentation par avocat.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 821-3 du code de justice administrative article R. 612-1 du code de justice administrative article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. B... A... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Grenoble, d’une part, de suspendre, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution forcée du titre exécutoire émis le 24 octobre 2024 par le département de l’Isère pour avoir paiement d’un indu et, d’autre part, d’ordonner la restitution des sommes appréhendées en violation de la suspension légale, pour un montant total de 136,12 euros, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard. Par une ordonnance n° 2511817 du 24 décembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a rejeté cette demande. Par un pourvoi et un nouveau mémoire, enregistrés les 26 décembre 2025 et 2 janvier 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. A... demande au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) de renvoyer l’affaire au tribunal administratif de Grenoble ou, subsidiairement, statuant en référé, de faire droit à sa demande ; 3°) de mettre à la charge du département de l’Isère la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. L’article L. 822-1 du code de justice administrative dispose que : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». 2. Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 de ce même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d’avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l’admettre ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 3. En vertu de l’article R. 821-3 du code de justice administrative, il est obligatoire d’être représenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation pour introduire, devant le Conseil d’Etat, un recours en cassation, sauf lorsque ce recours est dirigé contre une décision d’une juridiction de pension. 4. Selon le deuxième alinéa de l’article R. 612-1 du code de justice administrative, le Conseil d’Etat, juge de cassation, peut rejeter, sans demande de régularisation préalable, un pourvoi qui n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, lorsque l’obligation de représentation a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée. 5. Le pourvoi de M. A... ne fait pas partie de ceux que l’article R. 821-3 du code de justice administrative dispense de l’obligation de représentation. Il n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, alors que la notification de l’ordonnance attaquée faisait mention de cette obligation. Ce pourvoi n’est donc pas recevable et ne peut, par suite, être admis. O R D O N N E : Article 1er : Le pourvoi de M. A... n’est pas admis. Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... Fait à Paris, le 26 janvier 2026 La présidente : Gaëlle Dumortier La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation : Hervé Herber

Questions fréquentes

Puis-je former un pourvoi en cassation sans avocat ?
Non, sauf exceptions (notamment en matière de pension), le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Si la notification de la décision attaquée mentionne cette obligation, un pourvoi sans avocat est irrecevable.
Que se passe-t-il si mon pourvoi est irrecevable ?
Le pourvoi irrecevable n'est pas admis. Il est rejeté par une ordonnance du président de la chambre, sans instruction contradictoire ni audience publique.
Comment contester une ordonnance de référé ?
Vous pouvez former un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, mais vous devez être représenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, sauf exceptions.
Qu'est-ce qu'un titre exécutoire ?
Un titre exécutoire est un document permettant à l'administration de procéder à l'exécution forcée d'une créance, par exemple une saisie. En cas de contestation, vous pouvez demander sa suspension en référé.
Puis-je demander la restitution des sommes saisies ?
Oui, si la suspension est ordonnée, vous pouvez demander la restitution des sommes appréhendées, éventuellement sous astreinte.

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