Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite
← Conseil d'État

Conseil d'État, 1ère chambre, 24 février 2026, n° 511193

R.822-5 Rejet PAPC pourvoi non fondé Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation contre une ordonnance de référé rejetant une demande de suspension d'une décision de préemption urbain est-il fondé sur des moyens sérieux ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux. Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V du code de justice administrative peuvent être rejetés par ordonnance du président de la chambre, sans instruction contradictoire ni audience publique.

Faits clés

  • Le maire d'Aubenas a exercé le droit de préemption urbain sur plusieurs parcelles, dont la parcelle B n° 3631 au prix de 80 000 euros et d'autres parcelles au prix de 920 000 euros, par arrêté du 15 octobre 2025.
  • La SCI A... Le Pagel et M. B... A... ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lyon de suspendre l'exécution de cet arrêté sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
  • Le juge des référés a rejeté leur demande par ordonnance du 17 décembre 2025.
  • Les requérants ont formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance devant le Conseil d'État.
  • Ils soutenaient que le juge des référés avait dénaturé les pièces du dossier et commis des erreurs de droit en estimant que les moyens soulevés n'étaient pas propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision de préemption.

Articles cités

article L. 521-1 du code de justice administrative article L. 822-1 du code de justice administrative article R. 822-5 du code de justice administrative article R. 822-5-1 du code de justice administrative article L. 210-1 du code de l'urbanisme article L. 213-2 du code de l'urbanisme article R. 213-5 du code de l'urbanisme article L. 300-1 du code de l'urbanisme article L. 761-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : La société civile immobilière A... Le Pagel et M. B... A... ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Lyon de suspendre, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, l’exécution de l’arrêté du 15 octobre 2025 par lequel le maire d’Aubenas (Ardèche) a exercé le droit de préemption urbain sur la parcelle cadastrée section B n° 3631 au prix de 80 000 euros, ainsi que sur les parcelles cadastrées section B nos 822, 823, 1761, 2960 et 3631 au prix de 920 000 euros, et d’enjoindre à la commune de ne pas signer les actes de vente et de s’abstenir de revendre les biens. Par une ordonnance n° 2514838 du 17 décembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Lyon a rejeté cette demande. Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 31 décembre 2025 et 15 janvier 2026 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la société A... Le Pagel et M. A..., représentés par la SELAS Froger, Zajdela, demandent au Conseil d’Etat : 1°) d’annuler cette ordonnance ; 2°) statuant en référé, de faire droit à leur demande ; 3°) de mettre à la charge de la commune d’Aubenas la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Par un courrier du 29 janvier 2026, notifié le même jour, l’avocat de la société A... Le Page et autre a été avisé, en application des dispositions de l’article R. 822-5-1 du code de justice administrative, que la décision du Conseil d’Etat était susceptible d’être prise en application de l’article R. 822-5 du même code. Vu les autres pièces du dossier ; Vu : - le code de l’urbanisme ; - le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes des cinquième et huitième alinéas de l’article R. 822-5 de ce code : « Lorsqu'ils sont dirigés contre une décision rendue en premier et dernier ressort, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre : (…) 3° Les pourvois manifestement dépourvus de fondement dirigés contre les ordonnances prises en application du livre V ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. Pour demander l’annulation de l’ordonnance qu’ils attaquent, la société A... Le Pagel et autre soutiennent que : le juge des référés du tribunal administratif a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que n’était pas propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision de préemption attaquée le moyen tiré de ce qu’elle était insuffisamment motivée au regard des exigences de l’article L. 210-1 du code de l’urbanisme ; il a, eu égard à son office, commis une erreur de droit en jugeant que n’était pas propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée le moyen tiré de la méconnaissance par cette décision des articles L. 213-2 et R. 213-5 du code de l’urbanisme ; il a, eu égard à son office, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que n’était pas propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée le moyen tiré ce que la commune ne justifiait pas d’un projet de nature à justifier l’exercice du droit de préemption au sens de l’article L. 300-1 du code de l’urbanisme. Il est manifeste qu’aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi. O R D O N N E : -------------- Article 1er : Le pourvoi de la société A... Le Pagel et autre n’est pas admis Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière A... Le Pagel, première dénommée, pour les deux requérants. Copie en sera adressée à la commune d’Aubenas. Fait à Paris, le 24 février 2026 La présidente : Gaëlle Dumortier La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance. Pour expédition conforme, Pour la secrétaire du contentieux, par délégation : Hervé Herber

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le droit de préemption urbain ?
Le droit de préemption urbain permet à une commune d'acheter en priorité un bien immobilier mis en vente, afin de réaliser des opérations d'aménagement ou de politique locale de l'habitat.
Comment contester une décision de préemption ?
Vous pouvez former un recours pour excès de pouvoir devant le tribunal administratif dans les deux mois suivant la notification de la décision, et demander en référé la suspension de son exécution si l'urgence est justifiée.
Qu'est-ce qu'un doute sérieux sur la légalité ?
Un doute sérieux est une incertitude raisonnable sur la validité juridique d'une décision administrative, qui justifie la suspension de son exécution en référé.
Quelles sont les conditions pour que le Conseil d'État admette un pourvoi en cassation ?
Le pourvoi doit être recevable et fondé sur un moyen sérieux. Le Conseil d'État refuse l'admission si le pourvoi est irrecevable ou ne présente aucun moyen sérieux.
Que se passe-t-il si le Conseil d'État n'admet pas mon pourvoi ?
La décision attaquée devient définitive. Vous ne pouvez plus former de recours ordinaire, mais vous pourriez éventuellement saisir la Cour européenne des droits de l'homme dans certaines conditions.

Décisions liées

💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision du Conseil d'État à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.