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Conseil d'État, Juge des référés, 7 juillet 2026, n° 511680

R.822-5 Rejet PAPC défaut ministère avocat Publication : Z

Synthèse de la décision

Question juridique

Le pourvoi en cassation formé sans ministère d'avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est-il recevable ?

Principe retenu

Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État doit, à peine d'irrecevabilité, être présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, sauf dispense légale. En l'absence de régularisation après invitation, le pourvoi est irrecevable et ne peut être admis.

Faits clés

  • M. B... a formé un pourvoi en cassation contre un jugement du tribunal administratif de Lyon annulant un permis de construire.
  • Le pourvoi a été transmis au Conseil d'État par le président de la cour administrative d'appel de Lyon.
  • M. B... a été invité à régulariser son pourvoi en produisant un ministère d'avocat, mais ne l'a pas fait.
  • Le pourvoi n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
  • Le Conseil d'État a constaté l'irrecevabilité du pourvoi et a refusé de l'admettre.

Articles cités

article L.822-1 du code de justice administrative article R.822-5 du code de justice administrative article R.821-3 du code de justice administrative article R.612-1 du code de justice administrative

Texte de la décision

Vu la procédure suivante : M. E... A... et autres ont demandé au tribunal administratif de Lyon d’annuler l’arrêté du 28 avril 2022 par lequel le maire de Divonne-les-Bains a délivré à M. D... B... un permis de construire en vue de l’édification d’une maison individuelle avec piscine. Par un jugement n° 2204863 du 14 octobre 2025, le tribunal administratif de Lyon a fait droit à leur demande et a rejeté le surplus des conclusions. Par une ordonnance n° 25LY03020 du 19 janvier 2026, enregistrée le même jour au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, le président de la cour administrative d’appel de Lyon a transmis au Conseil d’Etat, en application des dispositions de l’article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 20 novembre 2025 au greffe de la cour administrative d’appel de Lyon, présenté par M. D... B.... Par ce pourvoi, M. B... demande au Conseil d’Etat d’annuler ce jugement. Par une lettre du 20 janvier 2026, notifiée le même jour, M. B... a été invité à régulariser son pourvoi dans un délai de deux mois à compter de la réception de cette lettre. Vu les autres pièces du dossier ; Vu le code de justice administrative ; Considérant ce qui suit : 1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ». Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 du même code : « Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d’avocat (…), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l’admettre ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique. 2. Aux termes de l’article R. 821-3 du code de justice administrative : « Le ministère d’un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l’introduction, devant le Conseil d’Etat, des recours en cassation, à l’exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ». En vertu de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. (...) La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ». 3. Le pourvoi de M. B... tend à l’annulation d’un jugement rendu par le tribunal administratif de Lyon. Aucun texte ne dispense un tel pourvoi en cassation de l’obligation du ministère d’avocat. Or, le pourvoi de M. B... n’a pas été présenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, en dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée. Dès lors, son pourvoi n’est pas recevable et ne peut être admis. ORDONNE : Article 1er: Le pourvoi de M. B... n’est pas admis. Article 2: La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B.... Copie en sera adressée à la commune de Divonne-les-Bains et à M. E... C.... Fait à Paris, le 7 juillet 2026 Le président : Bertrand Dacosta La République mande et ordonne à la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. Pour expédition conforme, Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

Questions fréquentes

Puis-je former un pourvoi en cassation sans avocat ?
Non, en principe, le ministère d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation est obligatoire pour introduire un pourvoi en cassation, sauf exceptions prévues par la loi (par exemple, les décisions des juridictions de pension).
Que se passe-t-il si mon pourvoi est irrecevable ?
Si votre pourvoi est irrecevable, le Conseil d'État peut refuser de l'admettre. Vous serez invité à régulariser, mais si vous ne le faites pas dans le délai imparti, le pourvoi sera rejeté.
Comment régulariser un pourvoi en cassation ?
Pour régulariser, vous devez constituer un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation et produire un mémoire ou un acte de pourvoi signé par cet avocat, dans le délai imparti par la demande de régularisation.
Quel est le délai pour régulariser un pourvoi ?
Le délai de régularisation est fixé par la demande de régularisation, qui ne peut être inférieur à quinze jours. En pratique, il est souvent de deux mois.

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